Le sexisme, c’est pas notre genre !

samedi 8 février 2014
par  SUD Education 92

Qui cherche à nous faire peur avec la « théorie du genre » ?

La mobilisation des réseaux fascistes et réactionnaires se poursuit, et l’école est désormais une de leur cible. ils s’attaquent frontalement aux programmes de lutte contre les stéréotypes de genre, et contre les discriminations sexistes et homophobes, proposés dans les établissements scolaires. sur les réseaux sociaux, et à travers l’envoi de textos et la distribution locale de tracts, les parents d’élèves ont été invités courant janvier à ne pas envoyer leurs enfants à l’école pour protester « contre la théorie du genre » ainsi qu’une prétendu « éducation sexuelle » prévue à la maternelle à la rentrée 2014 avec démonstration.

Le contenu pédagogique à l’origine du scandale

« Les écoles, les collèges, les lycées (...) contribuent à favoriser la mixité et l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en matière d’orientation. Ils assurent une formation à la connaissance et au respect des droits de la personne ainsi qu’à la compréhension des situations concrètes qui y portent atteinte. » (source : http:// www.education.gouv.fr).

Cet article 121-1 du code de l’éducation reprend l’article 5 de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005.

Qui cherche à diaboliser l’éducation NON-sexiste pour servir la cause réactionnaire ?

L’ opération de boycott scolaire a été lancée par le site « Journée de retrait des enfants de l’école », tenue notamment par Farida Belghoul, proche du groupe d’extrême-droite egalité et Réconciliation d’Alain soral. Cette même Farida Belghoul a elle même depuis longtemps retiré ses enfants de l’école et prône la scolarisation à domicile. De son côté la Manif pour Tous organise des comités « vigi-gender » un peu partout en France, visant à mobiliser les parents et à mettre la pression sur les équipes pédagogiques. Tous ces groupes se sont retrouvés dimanche 26 janvier à la manifestation d’extrême-droite à paris.

S’ajoutent à la liste des fascistes de tous poils :

•le groupe d’Alain Soral, (qui lui-même se définit national-socialiste) : « Égalité et réconciliation », et les fans de Dieu- donné, proches de l’extrême droite.

•Denis Gabet qui présente une liste aux prochaines municipales « Nancy Ville Humaine » portant des valeurs patriarcales d’un autre âge.

•les intégristes religieux catholiques, musulmans et évangélistes.

•les opposantsEs au mariage pour tous.

•l’UNI et son site theoriedugenre.fr qui véhicule des idées fausses.

Nous ne sommes pas là pour défendre le gouvernement, mais pour lutter contre l’homophobie et les discriminations sociales entre filles et garçons.

Sud Éducation dénonce ces tentatives de l’extrême-droite de mettre la main sur l’école publique. Nous rappelons avec force la pertinence des études de genre pour comprendre, et combattre, les stéréotypes et discriminations sexistes qui aliènent les individus.

Les vrais/faux de la dite « théorie du genre » !

INTOX 1

Il existerait une « idéologie du gender » pour imposer de force « une société basée sur les orientations sexuelles qui deviennent le fondement du droit et de l’égalité ».

La « théorie du genre » n’existe pas en tant que telle : il y a d’un côté les études sur le genre, champ d’études multidisciplinaires universitaires qui réfléchissent aux raisons des différences non biologiques hommes-femmes. D’un autre côté se trouve la politique de lutte contre les inégalités hommes- femmes que mène le gouvernement, et que menaient déjà ses prédécesseurs. Cette politique passe par une sensibilisation à la question des inégalités et des « rôles » sociaux de l’homme et de la femme, notamment à l’école. La nouveauté pour l’éducation nationale provient de l’intégration des questions de discrimination sexuelle et d’égalité homme-femme, avec les « ABCD de l’égalité ».

INTOX 2

L’enseignement de la « théorie du genre » devient obligatoire.

Il s’agit de quelques activités pédagogiques destinées à sensibiliser à la non-discrimination des homosexuels et à l’égalité entre les sexes, par exemple que la femme ne doit pas être cantonnée aux tâches ménagères.

INTOX 3

Un document distribué en primaire enseigne la « théorie du genre ».

Il suffit pourtant de lire le site de l’ABCD, et particulièrement les outils pédagogiques mis à disposition des enseignants, pour constater qu’il n’y a pas là de quoi hurler au scandale – à moins de considérer que l’égalité entre femmes et hommes n’a pas sa place à l’école.

INTOX 4

Le gouvernement voudrait interdire l’enseignement à domicile.

Le texte dont ils parlent n’est pas un projet de loi, mais une proposition émanant de parlementaires UMP.

INTOX 5

Le gouvernement aurait signé un partenariat avec une association pro « gender ».

La « Ligne azur » gère essentiellement un numéro vert d’écoute pour les personnes souffrant du regard qui est porté sur elles du fait de leur orientation sexuelle, notamment les jeunes adolescents. Le partenariat entre Ligne Azur et l’éducation nationale date de 2009, non de 2012. il a été renouvelé chaque année, par la gauche ou la droite.

INTOX 6

L’éducation nationale enverrait des enfants de CE2 voir le film Tomboy.

Ce film fait partie, depuis septembre 2012, d’une liste qui comporte une centaine de titres prévus dans le programme « école et cinéma », qui concerne les collégiens et lycéens. Ce programme existe depuis 1994 ; il s’agit d’une collaboration entre ministères de l’intérieur, de la culture et le Centre National de la Cinématographie (CNC). Tomboy n’a donc pas été choisi par le gouvernement ou par un ministre, ni par des personnalités motivées par un quelconque agenda secret.

INTOX 7

Le livre Papa porte une robe rentrerait au programme du CP-CE1.

Ce livre n’est ni au programme officiel des classes de CP-CE1, ni inclus dans les ABCD de l’égalité, mais recommandé, parmi d’autres, par un syndicat enseignant dans le cadre de la lutte contre l’homophobie. Le livre Papa porte une robe raconte l’histoire d’un boxeur qui élève seul son fils. À la suite d’un mauvais coup, il passe de la boxe à la danse et subit les stéréotypes.

INTOX 8

Vincent Peillon voudrait « arracher les enfants à leurs déterminissmes ».

À l’origine, une phrase attribuée à tort à la sénatrice PS Laurence Rossignol : « Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents, ils appartiennent à l’État ».
La parlementaire n’a, en réalité, énoncé que la première partie, « les enfants n’appartiennent pas à leurs parents » – ce qui est exact, les enfants n’étant pas des meubles, mais des personnes dotées de droits propres.

Pour la décroissance de l’ignorance, pour la croissance de l’égalité : stop à la manipulation par l’extrême droite !