Non à la répression financière des soutiens de la Palestine

mardi 10 mars 2026
par  SUD Education 92

Non à la répression financière des soutiens de la Palestine

  • La complicité de plusieurs banques françaises non seulement avec la colonisation Israélienne mais aussi avec le génocide contre le peuple Palestinien est désormais bien connue. Elle a été mise en évidence non seulement par les organisations qui luttent pour la libération de la Palestine mais aussi par la rapporteuse spéciale sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. Mais si certaines banques ont une responsabilité directe, le système bancaire français et européen plus largement participe de fait à la perpétration du génocide via l’entrave et le blocage des fonds de solidarité destinés aux palestinien.nes. En effet, depuis le début du génocide à Gaza, plusieurs organisations de solidarité avec la Palestine comme l’Afps ont fait état de difficultés grandissantes à financer leurs activités solidaires dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie.
  • Un article paru récemment sur l’Humanité faisait état des entraves à la solidarité financière avec la Palestine par des banques qui ne sont pas généralement mises en cause pour leur complicité avec Israël : ouverture de comptes refusées, virements bloqués, conventions imposées pour chaque envoi. Par ailleurs, ce ne sont pas que les banques qui bloquent les fonds. Toujours selon l’article de l’Huma, depuis 2024, plusieurs témoignages indiquent que des plateformes de collecte comme GoFundMe - plateforme qui s’était déjà faite remarquer pour la levée de fonds en faveur de la famille du policier qui a tiré sur Nahel - ont par ailleurs bloqué des millions d’euros destinés aux civils palestinien.es.
  • C’est dans ce contexte qui se situe la fermeture du compte de l’Union Juive Française pour la Paix, organisation juive laïque décoloniale qui s’oppose à l’occupation des territoires palestiniens par Israël. L’UJFP a reçu en novembre 2024 une mise en demeure de la part du Crédit Coopératif qui hébergeait son compte bancaire pour fermer le dit compte, sans motif ni explication. L’organisation n’a jamais pu obtenir d’explication de la part du Crédit Coopératif pendant le temps des discussions qui se sont poursuivies jusqu’à la fermeture définitive du compte en juillet 2025.
  • La fermeture du compte de l’UJFP et l’entrave à la solidarité avec la Palestine de la part du système bancaire sont la conséquence logique du dispositif LCB-FT ( lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) Ce dispositif qui se déclenche sur la base d’un simple soupçon, prive tout droit à la personne soupçonnée de participer « au financement du terrorisme » ou « au blanchiment d’argent » puisqu’elle n’est même pas informée des mesures prises contre elle et n’a donc aucun moyen de recours pour se défendre.
  • Au nom de la lutte contre le « terrorisme », non seulement on réprime ceux et celles qui se mobilisent contre le génocide - comme le montrent les nombreux procès contre des militant·es, en particulier racisé·es, dont le dernier en date est celui contre Omar Alsoumi d’Urgence Palestine - mais on étrangle aussi la solidarité financière avec les victimes de ce génocide, alors même que des nombreuses banques participent à sa perpétuation. Aucun signalement a en effet été fait contre BNP Paribas, qui, selon le rapport d’Albanese, est parmi les principaux financeurs des acteurs de l’industrie qui fournissent l’armée israélienne. En mars 2024 - donc après que la CIJ avait déjà établi qu’un « risque plausible de génocide » existait à Gaza - BNP Paribas a participé à une levée de fonds exceptionnelle en faveur d’Israël qui n’a donné lieu à aucune procédure particulière.
  • Encore en 2025 - alors qu’en septembre de la même année la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé a confirmé que Israël a commis un génocide et invité les états à s’assurer qu’aucune entreprise ne soit complice de ceci - quatre banques françaises, BNP Paribas, le groupe Banque Populaire– Caisse d’Épargne, la Société Générale et le Crédit Agricole, figurent parmi les dix institutions financières européennes qui investissent le plus dans des entreprises indiquées par l’ONU comme étant impliquées dans la violation des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple palestinien par Israël (dernier rapport de la coalition Don’t Buy Into Occupation (rapport DBIO IV).
  • La complicité continue donc alors même que les instances légales internationales telles la Cour Internationale de Justice demandent que toutes les actions soient mises en œuvre pour stopper le génocide et arrêter l’occupation israélienne. Mais aucune procédure de blocage n’est lancée à l’encontre de ces investissements mortifères. Et ceci ne concerne que Israël, on pourrait se poser des questions également sur les investissements et mouvements bancaires qui concernent les Etats-Unis d’Amérique ou tant d’autres pays considérés « alliés »
  • On voit ici la perversité du vocable de « lutte contre le terrorisme » qui joue à plein. En réalité, le mot « terrorisme » n’a plus de signification factuelle ou juridique. Il est un synonyme de « camp du mal ». C’est une désignation qui permet de qualifier ce qui est considéré comme un ennemi par « l’Occident ». Il n’y a donc aucune surprise à ce que les dispositifs de la « lutte contre le terrorisme » épouse parfaitement des considérations néo-coloniales et/ou impérialistes.
  • La répression financière serait même montée encore d’un cran puisque maintenant, ce serait le Parquet National Financier qui aurait une enquête contre l’UJFP pour « financement du terrorisme » selon un article du Journal Le Point. Enquête dont, par ailleurs, l’UJFP n’a eu aucune communication.

L’instrumentalisation de la « lutte contre le terrorisme » doit cesser !
Il faut dénoncer le caractère néo-colonial du système bancaire français et européen !
Non à la répression du soutien au peuple palestinien !

Texte adopté en assemblée générale (février 2026)


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