Lundi 9 février, un professeur du Lycée de L’Elorn de Landerneau, syndiqué à Sud éducation 29, a été
convoqué à Rennes par les services du Rectorat. Il lui était reproché d’avoir collé un petit drapeau
palestinien sur son casier situé en salle des personnels et d’avoir affiché la brochure de Médecins du monde
sur la situation à Gaza.
Cette convocation est l’expression d’une pression forte de la part de la hiérarchie à l’encontre d’un
syndicaliste de SUD Éducation. Pourtant dès le début de l’entretien, la direction du rectorat a précisé que la
convocation ne donnerait lieu a aucune sanction. C’est une bonne nouvelle pour notre collègue.
Néanmoins, nous sommes très loin d’être rassuré·es car le mal est fait. Que penser d’une administration qui
considère qu’afficher un drapeau palestinien sur un casier en dehors de la vue des élèves constitue une
atteinte au devoir de neutralité ? Cela, alors que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre
2025 et que le génocide à Gaza est reconnu officiellement par l’ONU.
SUD Éducation continuera de rendre visible le drapeau palestinien car nous refusons
catégoriquement de participer de quelque manière que ce soit à l’invisibilisation d’un peuple qui subit
chaque jour des bombardements, des persécutions, et des privations de toutes sortes.
Alors que des crimes contre l’humanité sont commis contre le peuple palestinien, nous considérons qu’il est
de notre devoir de le dénoncer et d’afficher notre solidarité. Pour SUD Éducation, manifester son humanité
ne peut être répréhensible.
Notre syndicat a rappelé qu’il est internationaliste et membre du Réseau syndical international de solidarité
et de luttes qui défend les intérêts des travailleuses et des travailleurs au-delà des frontières. Pour cette
raison, nous entretenons des liens de solidarité avec celles et ceux qui subissent l’oppression ailleurs dans le
monde. Que ce soit en Argentine, au Venezuela, en Ukraine, en Palestine ou ailleurs.
A la sortie de cet entretien, il est difficile d’y voir autre chose qu’une tentative d’intimidation visant à
remettre en cause la libre expression syndicale sur les lieux de travail car nos représentants syndicaux se
sont vus reprochés une expression trop politique. Pour cette raison, SUD Éducation souhaite faire
part de son inquiétude de voir se développer une stratégie qui pourrait placer l’expression syndicale sous le
contrôle d’une hiérarchie se donnant le droit de juger ce qui syndical et ce qui l’est pas.
Enfin, notre syndicat s’étonne de la proportion prise par cet événement. D’après le Rectorat il serait question
ici d’un fait établissement de niveau 3 (niveau le plus élevé) alors que l’usage voudrait que ce genre de
différent se règle dans l’établissement directement avec la direction.
SUD Education ne se laissera pas intimider par cette nouvelle tentative de criminalisation de l’action
syndicale. Nous considérons que c’est un glissement grave qui fragilise nos libertés démocratiques
fondamentales et va à l’encontre des valeurs de la République. Le soutien qui s’est exprimé rapidement à
travers la mobilisation de la communauté éducative, de l’intersyndicale et par plus de 6300 signataires de la
pétition de soutien, montre bien que c’est une large partie de la population qui entend dénoncer ce danger
liberticide.









