📢 Contre l’intervention policière sur le campus : la sĂ©lection rĂ©vĂ©latrice de la dĂ©gradation de nos conditions de travail et d’Ă©tude 📢 ||Le communiquĂ© de SUD Ă©ducation 92 section UPN

lundi 20 octobre 2025
par  SUD Education 92

📢 Contre l’intervention policière sur le campus : la sĂ©lection rĂ©vĂ©latrice de la dĂ©gradation de nos conditions de travail et d’Ă©tude 📢 ||Le communiquĂ© de SUD Ă©ducation 92 section UniversitĂ© Paris-Nanterre


La section SUD éducation de l’université Paris Nanterre dénonce et condamne la décision de la Présidence de l’université de recourir aux forces de police en réponse à l’occupation menée par le collectif des sans fac soutenu par les syndicalistes de l’UNEF, mais aussi par les militants et militantes du Poing Levé, de la FSE et de Solidaires qui, rassemblé·e·s devant le bâtiment Grappin ce jeudi 16 octobre au soir, se sont retrouvé·e·s nassé·e·s par les CRS.

Une mobilisation collective pacifique ne peut en aucune façon justifier l’irruption de la police sur le campus. Les universités sont des espaces dédiés à l’exercice de la pensée critique, à l’investigation sur le monde, à une réflexion indépendante des pouvoirs en place. La lutte, parfaitement légitime, contre ParcourSup et ses effets concrets sur les vies des étudiant·e·s relève de cette réflexion. L’envoi des forces de police est une tentative inadmissible de musèlement qui porte directement atteinte aux missions et à la raison d’être de l’université, et la décision de faire intervenir une brigade de CRS armés ne peut être justifiée par le refus de la Présidence d’être interpellé·e par des militant·e·s dans l’exercice de son pouvoir.

La lutte des Ă©tudiant·e·s contre ParcourSup est une lutte de la jeunesse contre un système inĂ©galitaire, qu’aucune commission, la plus Ă©clairĂ©e et bienveillante soit-elle, ne peut rĂ©guler, car sa logique fondatrice est justement la sĂ©lection et la mise en concurrence gĂ©nĂ©ralisĂ©e, non seulement entre les Ă©tudiant·e·s, mais aussi entre les filières, et davantage encore entre service public et Ă©tablissements privĂ©s. Cette logique a pour corollaire la destruction du service public de l’ESR : la sĂ©lection accrue est l’autre face de l’austĂ©ritĂ© budgĂ©taire et de la mise Ă  sac des services publics, qui conduit Ă  l’expansion toujours plus florissante du privĂ©. Il n’y a donc pas de rĂ©gulation possible d’un système inĂ©galitaire dont nous savons toutes et tous, qu’il est aussi opaque qu’injuste : chacun·e d’entre nous connaĂ®t parmi ses proches ou a Ă©tĂ© confronté·e sur le campus Ă  des jeunes sans solution d’inscription Ă  l’universitĂ© alors mĂŞme qu’ils et elles avaient eu un bac, parfois avec mention, et cochĂ© toutes les cases des procĂ©dures Ă  accomplir.

Cette lutte nous concerne toutes et tous, Ă©tudiant·e·s comme personnels, qui sommes lié·e·s par un intĂ©rĂŞt commun : le droit de toutes et tous les bacheliers Ă  accĂ©der Ă  des Ă©tudes supĂ©rieures dans la filière de leur choix. Elle nous concerne aussi parce qu’elle exprime clairement et sans dĂ©tour le refus des politiques qui dĂ©gradent nos conditions de vie, d’études, de travail : le vĂ©ritable danger pour la communautĂ© universitaire est-ce l’occupation du Bâtiment Grappin par des Ă©tudiant·e·s venu·e·s rĂ©clamer leurs droits ou les coupes budgĂ©taires qui rĂ©duisent nos effectifs d’encadrement, nos moyens matĂ©riels, nos rĂ©munĂ©rations, repoussent aux calendes grecques la rĂ©fection de nos locaux, mettent Ă  mal nos conditions de travail et nos capacitĂ©s Ă  accomplir nos missions Ă©lĂ©mentaires ?

C’est pourquoi SUD Ă©ducation UPN appelle Ă  soutenir les Ă©tudiant·e·s dans la lutte qu’ils et elles mènent pour nous toustes, et pas uniquement pour les 80 Ă©tudiant·e·s que l’UNEF accompagne, avec les moyens que chacun·e peut et veut se donner :

  • en se rĂ©unissant en nombre devant le bâtiment Grappin lundi 20 octobre Ă  12h30, jour oĂą se tient le CA ;
  • en examinant dans chaque U.F.R., chaque dĂ©partement et chaque cursus les possibilitĂ©s concrètes d’accueillir des Ă©tudiant·e·s sans inscription.

De son côté, SUD éducation UPN proposera dans les semaines à venir une demi-journée de rencontres et de débats autour de Parcoursup et des logiques libérales qui détruisent le service public de l’ESR.

SUD éducation UPN

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