Green dock, une lutte écologiste locale. Proposition de trame pédagogique.

dimanche 1er juin 2025
par  SUD Education 92

Le 1er juin 2025 aura lieu un week-end de mobilisation de plusieurs syndicats et mouvements écologistes, dont notamment les célèbres Soulèvements de la Terre contre un projet écocidaire de construction d’un gigantesque centre logistique en plein sur notre territoire, sur les berges de Seine de Gennevilliers (92). Il est prévu de faire une « balade et gestes naturalistes ».
L’année dernière, les collectifs avaient organisé des conférences et des actions, d’ailleurs sévèrement réprimées.
Cette lutte peut intéresser les professeur-es d’histoire-géographie, SES ou SVT qui ont à cœur de faire vivre les luttes sociales dans leur cours.
Nous vous proposons donc une trame pédagogique en géographie mais adaptable à d’autres disciplines.

 Qu’est-ce le projet Green dock ?

Green dock est un « projet d’entrepôt géant auquel rêve le promoteur Goodman, l’un des leaders mondiaux de l’immobilier logistique, et HAROPA, grand projet de port fluvio-maritime entre Le Havre et Paris. Une fois mis sur pied dans le port de Gennevilliers, le monstre « Green dock » aurait besoin, pour fonctionner, de 2 500 camions/jour, dans une région où la pollution de l’air est déjà responsable d’un décès sur dix. En face du futur entrepôt : une zone Natura 2000, où nichent plusieurs espèces d’oiseaux protégées, qui pâtiraient jour et nuit de la pollution lumineuse et sonore. Un entrepôt de plus, dans une banlieue déjà saturée d’infrastructures logistiques, de CO2, subissant tous les dégâts écologiques et sociaux de projets absurdes destinés à servir la métropole. » Peut-on lire sur le site des Soulèvements de la Terre.

 Pourquoi faire une étude de cas sur Green dock ?

La mobilisation contre le projet de Green dock est symptomatique de la voracité du capitalisme dans son projet écocidaire : aucun espace n’est réellement protégé, peu importe s’il est classé zone natura 2000. Nous avons un rôle a jouer en tant que professeur-es dans la sensibilité politique et écologiste de nos élèves. Comme sur l’espace médiatique, nous devons mettre en avant nos propres débats car, en face, l’administration nous impose les siens : promotion du libéralisme, du nationalisme, etc.
Notre liberté pédagogique doit servir la bataille culturelle en cours contre le liberalisme et l’extrême-droite, l’argument de neutralité ne peut pas aller que dans un sens. En réalité, nous avons beaucoup plus de droit que nous le pensons, le devoir de réserve n’existe pas dans ce cadre là.
Avec une étude de cas sur Green dock, nous sortons d’une approche du conflit d’usage de type Nimby, c’est-à-dire individualiste, dépolitisé, qui ne remet pas en cause l’intérêt même du projet d’aménagement mais ses effets néfastes.
Il faut repolitiser la question de l’écologie auprès de nos élèves, ceux-celles qui seront parmi les plus touché-es par les effets du changement climatique, pour qui l’écologie se limite trop souvent à un cadre individuel, qui ne remet pas en cause le système capitaliste, avec la pratique du tri, par exemple.
Il faut mettre en avant, au contraire, la force du collectif.

 Liens avec le programme de géographie

Le projet Green dock entre totalement dans des logiques à plus grande échelle, en lien avec la mondialisation. Avec internet, il y a eu une accélération des échanges, ainsi toutes les grandes plateformes en ligne se sont mises à l’envoi de colis, dont Amazon est l’égérie, si bien qu’une grande partie des échanges seraient « dématérialisés ».
Cependant, on l’oublie souvent mais internet aussi a ses espaces, notamment les entrepôts logistiques. Ceux-ci ne s’implantent pas au hasard, ils sélectionnent leurs emplacements selon des logiques de coût du loyer, de proximité avec les centres de consommation et des voies de communication. On peut rappeler ici, en bon géographe, la situation du projet Green dock : à proximité de Paris, près d’une autoroute et d’un axe de transport fluvial, en prenant appui sur des cartes.
Le choix de l’emplacement du projet répond donc à une tendance plus générale d’exurbanisation des espaces productifs hors des grands centres urbains. Cependant, il faut aller plus loin que la compréhension de l’économie libérale, même s’il faut connaître son ennemi pour mieux le combattre.

Nous devons faire une géographie incarnée qui replace l’homme au cœur des préoccupations. Pour cela, nous mettons en avant l’appropriation du territoire par les acteurs : les habitants qui jouissent jusqu’alors d’espaces naturels près de leurs lieux de vies, les écologistes qui défendent l’environnement, les entreprises qui cherchent à faire du profit et l’Etat qui se trouve alors entre deux logiques contradictoire : sa mission de sauvegarde de l’environnement et son aide aux entreprises.
Il faudrait sortir de l’opposition entre la protection de l’environnement et la création d’emplois ou de richesses, car quelles sont les emplois que nous voulons ? Les emplois dans la logistiques sont, en effet, particulièrement précaires, avec des horaires en décalés et un respect du droit du travail superficiel.

Avec cette étude de cas, on peut donc comprendre les dynamiques actuelles de l’urbanisation, en lien avec le chapitre 1 de 4e ; comprendre les enjeux de l’aménagements du territoire dans le cadre du chapitre 2 de 3e ; ou encore montrer les difficultés de la préservation de l’environnement dans le cadre du chapitre 1 de Seconde.

 Trame pédagogique en géographie

Dans le cadre d’une étude de cas de 1h30-2h, nous vous proposons une idée de scénario pédagogique à proposer aux élèves, pour un niveau seconde, à adapter pour le collège.

Il faudrait commencer par présenter un peu le projet en vous appuyant sur la présentation du projet plus haut et de le relier au programme, en faisant le lien avec les notions vues précédemment.

S’ensuit une présentation sommaire de l’activité où l’on doit créer du sens : la nécessité de comprendre pourquoi l’engagement écologique est difficile à mener et, surtout, pourquoi il est vital.

Les élèves sont ensuite réparti-es en îlots de 4 où ils doivent répondre à une série de question sur un corpus documentaire pendant environ 15-20 minutes.
Iels complètent la carte mentale que vous retrouverez en bas de cet article en pièce-jointe.

Il y a quatre corpus documentaires différents : les habitant-es, les écologistes, la municipalité, les entrepreneurs de green dock. Les élèves sont ensuite mélangé-es, on reforme des groupes avec, dans chaque groupe : un-e habitant-e, un-e représentant-e de la municipalité, un-e militant-e écologiste et un-e entrepreneur-e de green dock.

De cette manière, les élèves sont toustes en position de sachant, ce qui favorise la participation de toustes les élèves, en les mettant dans une position de spécialiste de leur sujet. Iels doivent ensuite débattre en îlot pendant 20 minutes sur l’utilité ou, au contraire, l’inutilité du projet pour la ville de Gennevilliers. Iels ont chacun une carte objectif secrète qu’iels ne doivent pas montrer aux autres élèves, avant la fin de l’activité.

 Habitant-es


Objectifs secrets :

  • Avoir des garanties précises concernant la santé publique.
  • Conserver un cadre de vie agréable avec des espaces verts.
  • Avoir des emplois.

 Écologistes


Objectifs secrets :

  • Conserver la biodiversité sur les berges.
  • Supprimer le projet polluant.
  • Alerter la population sur les risques de santé et d’environnement.
  • Dénoncer le greenwashing1 de l’entreprise Green-dock.

 Municipalité


Objectifs secrets :

  • Créer de l’emploi.
  • Accéder aux requêtes des habitants dans le but de se faire réélire.
  • Faire évoluer son point de vue sur le projet au cours du débat.

 Entrepreneur-ses green dock


Objectifs secrets :

  • Mener a bien la construction du projet Green-dock.
  • Avoir le budget le plus bas possible pour la construction du projet.


Documents joints

Corpus : Les écologistes
Corpus les entrepreneur-euses
Corpus les habitant-es
Corpus La municipalité

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