Un nombre trop faible de personnel
Aux concours de 2024, 496 postes d’infirmières scolaires étaient ouverts dans tout le territoire français, métropolitain et outre-mer. Une hausse de 3% par rapport à l’année 2023 où le nombre était de 482. Ce chiffre est en baisse pour l’année 2025, le concours n’ouvrait que 419 postes.
L’académie de Versailles est passé de 60 à 47 postes à pourvoir.
Ces postes au concours ne correspondent pas à des créations de postes mais à remplacements suite aux départs de titulaires pour différentes causes : retraite, changement d’académie, rupture conventionnelle, etc. Le manque de personnels infirmiers est criant dans l’ensemble des écoles et établissements à cause du refus de l’Etat d’augmenter le nombre de recrutements et de valoriser les salaires. Selon le rapport social ministériel de 2023, Il y a environ 7.700 infirmières pour 12 millions d’élèves.
Les disparités entre territoires sont importantes, à titre d’exemple, selon le rapport de la Cours des Compte de 2020 sur les médecins et personnels de santé scolaire, il y a une infirmière scolaire pour 680 élèves, contre une pour 2 000 élèves à Mayotte.
Au CSA 92 du 4 décembre, Le directeur académique a affirmé que 4 postes étaient vacants et que 3 absences n’étaient pas remplacées.
Les universités sont encore plus défavorisé-es que les établissements scolaires du 1er et 2nd degré. Les étudiant-es n’ont souvent pas accès à une visite médicale. La visite médicale à l’université pour les étudiant·es n’existe pas, ou est gravement défaillante.
Des conditions de travail dégradées
Les personnels infirmiers sont souvent les seules personnes ressources sur les sujets de santé et de prévention dans les établissements scolaires. Les tâches des personnels infirmiers sont diverses : gestion des problèmes de santé physique et psychiques des élèves, interventions de prévention dans les classes, signalements à l’aide sociale à l’enfance, visite obligatoire en classe de 6e, animation des cours d’éducation à la vie sexuelle et affective et également la sensibilisation auprès de tous les personnels de l’établissement.
Leur présence est donc importante. Pourtant, elles sont affectés à 50% dans un établissement scolaire dans le second degré, et couvrent un nombre important d’écoles dans le premier degré.
Elles ne peuvent donc pas effectuer un suivi assidu auprès des élèves et ne disposent pas d’assez de temps et de moyens pour effectuer leurs diverses missions.
Selon le rapport parlementaire du député Robin Reda (Renaissance) 40% des élèves de 12 ans n’ont pas effectuer de bilan infirmier, moins de 20% des élèves de 6e ont effectué leur visite médicale obligatoire.
Cela génère du stress, de la frustration et plus généralement une souffrance au travail pour les personnels. La santé des élèves en pâtit également alors même que leur santé se dégrade fortement depuis la crise sanitaire comme l’a indiqué lerapport publié par Santé publique France en avril 2024.
Une majorité de jeunes ont le sentiment d’être en bonne santé mais plus de la moitié des jeunes ont des symptômes psychologiques et somatiques, 15% des lycéens présentent des risques de dépression, 24% ont des pensées suicidaires.
Un travail pas suffisamment valorisé
Comme pour une grande majorité du personnel de l’Éducation nationale (AED, AESH, Professeur-es, CPE....), les infirmières scolaires ne sont pas suffisamment rémunérées. Pire, iels n’ont pas reçu les primes touchés par les professeur-es ni celles touchées par les infirmières d’hôpitaux.
Une augmentation en moyenne de 400 euros avait eu lieu dans le cadre de la transposition du Ségur de la santé mais celle-ci n’est guère suffisante, le salaire médian d’une infirmière scolaire atteint juste 1 780 euros.
Comme pour les professeur-es, les salaires rendent le métier peu attractif et les personnels formés préfèrent travailler dans d’autres secteurs plus rémunérateurs.
En 2022, il a manqué 58 candidats admis au concours pour 395 postes.
Nos revendications
SUD éducation 92 est un syndicat inter-catégoriel de la maternelle à l’université. Nous syndiquons donc bien évidemment les infirmières.
Sur le terrain et dans les instances, nos syndiqué·es réclament le recrutement d’infirmières scolaires à hauteur du besoin et se mobilisent dans des luttes comme celles actuellement au lycée Joliot-Curie de Nanterre et au lycée Missak et Mélinée Manouchian de Châtenay-Malabry qui a finalement été victorieuse.
Mais pour un poste pourvu finalement, après tant d’efforts et de lutte des personnels, de nombreux restent vacants.
SUD éducation revendique :
- une augmentation importante des salaires pour tous les personnels, y compris des personnels administratifs et médico-sociaux ;
- des créations de postes suffisantes pour que chaque circonscription et chaque établissement soit doté de postes de médecins et/ou d’infirmier·es à temps plein. Les personnels infirmiers et l’intersyndicale demandent la création de plus de 15 000 postes pour atteindre un ratio de une infirmière pour 500 élèves.
Notre brochure Droits des enfants










