📢 Demande d’audience intersyndicale 📢
🚨⚠️Alerte quant au retrait des postes fixes pour les enseignant·es du 92🚨⚠️
Un passage en force du dĂ©partement ?

samedi 18 janvier 2025
par  SUD Education 92

Le Conseil Départemental étudie la possibilité de retirer les postes fixes des enseignant·es des collèges du 92.
Cela est déjà expérimenté dans plusieurs collèges et se traduit par une dégradation des conditions de travail.
SUD éducation 92 interpelle le Président du Conseil Départemental à ce sujet.

 Le courrier de SUD Ă©ducation 92

Monsieur le Président du Conseil Départemental des Hauts-de-Seine,

Nous avons appris que le Conseil Départemental envisage une nouvelle dotation en ordinateurs portables pour les personnels des collèges. Ces derniers devraient être dotés d’une nouvelle connectique qui permette à la fois le chargement et la vidéoprojection.

Cela se traduirait alors par un retrait des ordinateurs fixes.

Cela poursuit la logique du tout mobile, initiĂ© unilatĂ©ralement par le Conseil DĂ©partemental avec des suppressions de salles informatiques et le dĂ©ploiement de mallettes nomades ; ce qui se traduit dĂ©jĂ  par de nombreux problèmes lors de l’utilisation avec les Ă©lèves  :

· Déplacement du matériel pénible – 5 minutes
· Mise en place longue avec répartition du matériel entre élèves – 5 minutes
· Matériel défectueux à changer (ordinateurs non chargés, qui ne s’allument pas, ne se connectent pas à internet, ne se connectent pas au réseau de l’établissement) – 5 minutes
· Rangement chronophage – 5 minutes
· Suivi du matériel

A l’échelle de 55 minutes de cours, le temps effectif que permet cette configuration est trop peu important.
Les désagréments sont tels que de nombreux collègues renoncent à utiliser ce matériel.

Malgré cela, le Conseil Départemental persiste dans cette politique du tout mobile et veut l’étendre aux personnels également.
Nous savons que le tout mobile pour les personnels est ainsi expérimenté notamment à Guy Môquet.
En l’espèce, les retours concernant cette expĂ©rimentation ne sont pas positifs, :
· Il faut amener et ramener l’ordinateur Ă  l’établissement, ce qui est pĂ©nible dans les transports et particulièrement Ă  vĂ©lo ;
· Les PC fixes mĂŞme en salle des professeurs ont Ă©tĂ© enlevĂ©s ;
· Tous les personnels ne disposent pas d’ordinateur portable comme par exemple les AESH et les agent·es ;
· Sans ordinateur, il n’est pas possible d’imprimer ;
· Les intervenant·es extĂ©rieur·es n’ont pas accès Ă  des ordinateurs ;
· Les intervenant·es extĂ©rieur·es n’ont pas accès au wifi de l’établissement ;
· L’écran est trop petit pour travailler dessus une journĂ©e entière. Cela entraĂ®ne une fatigue supplĂ©mentaire ;
· La mise en place en dĂ©but de journĂ©e et Ă  chaque changement de salle prend du temps ;
· Lorsqu’un ordinateur n’est pas fonctionnel, il n’y a pas d’ordinateur de rechange ;
· Les rĂ©parations par les techniciens Neurones posent problème puisque les ordinateurs ne sont pas Ă  des emplacement fixes et ne peuvent alors pas ĂŞtre pris en charge ;
· L’armoire sĂ©curisĂ©e pour dĂ©poser / prendre des ordinateurs n’est pas fonctionnelle ;
· Lorsque les stations (docks de branchements) sont dysfonctionnelles, cela empĂŞche toute vidĂ©oprojection ;
· Les personnels n’ont pas été consultés sur la mise en place de ce nouveau système alors même que ce sont leurs conditions de travail qui sont impactées.

A ce jour, il n’y a a priori pas de cadre formalisé pour faire un bilan étayé à la fin de cette expérimentation avant une éventuelle généralisation.
Or c’est une dégradation des conditions de travail qui est ainsi envisagée par le Conseil Départemental.

Nous demandons que le Conseil Départemental parte des besoins du terrain, tienne compte des conditions de travail des personnels, plutôt que de vouloir imposer ses politiques à marche forcée. Si une expérimentation ne donne pas satisfaction aux premiers et premières concernées, elle n’a pas vocation à être généralisée.

Nous demandons que les personnels ne bénéficient pas de cette nouvelle dotation sans leur accord et si cela doit se traduire par le retrait des postes fixes dans les salles ou l’arrêt du suivi technique de ces derniers.

Soyez assuré, Monsieur le Président du Conseil Départemental, de notre attachement à un service public d’éducation de qualité et respectueux des conditions de travail de l’ensemble des agent·es.

 La rĂ©ponse du prĂ©sident du conseil dĂ©partemental, le 10 juin 2024

Monsieur,

 

J’ai bien pris connaissance de votre courrier relatif à l’équipement numérique des collèges.

 

Tout d’abord, je souhaite vous rappeler que le niveau d’engagement du Département en la matière est élevé dans l’objectif de répondre aux besoins des collèges qui s’appuient au quotidien sur le numérique pour faire travailler les élèves sur des projets pédagogiques spécifiques, leur faire acquérir les compétences numériques indispensables dans le monde professionnel ou encore leur permettre de passer les diverses évaluations et certifications obligatoires. La politique d’équipement est définie en étroite collaboration avec les partenaires académiques et les équipes de terrain pour être au plus près des besoins des usagers. Effectivement, ces dernières années, le Département, comme toute la société, a pris le virage de la mobilité, ce qui a été une force lors de la dernière crise sanitaire notamment. Cela a nécessité des investissements conséquents pour équiper l’ensemble des collèges d’une infrastructure wi-fi et il n’est pas prévu à date de revenir en arrière sur cette politique.

 

Vous évoquez plus spécifiquement le remplacement des ordinateurs portables mis à disposition de l’ensemble des enseignants du territoire. En effet, de manière volontariste, et sans que la loi l’y oblige, le Département a fait le choix en 2018 de doter les enseignants d’un ordinateur portable, reconnaissance de leur engagement pour la réussite des collégiens, alors même que toutes les salles de classe sont équipées d’un ordinateur fixe. Ces ordinateurs portables devenant obsolètes, le moment est venu de se réinterroger sur la meilleure dotation pour les conditions de travail des enseignants sachant qu’il n’est pas envisageable dans la durée de maintenir une double dotation. C’est dans ce contexte qu’une expérimentation a été menée avec trois collèges volontaires, pour lesquels les ordinateurs portables des enseignants ont été remplacés avec un modèle plus performant que le précédent et un retrait des postes fixes des salles de classe. Ce retrait a été accompagné d’un déploiement de stations d’accueil dans chaque classe. L’expérimentation est toujours en cours et, contrairement à ce que vous affirmez, les résultats sont positifs même s’ils ont fait apparaître des besoins d’ajustement qui ont été pris en compte pour ces collèges avec, par exemple, la mise à disposition d’une armoire de stockage et rechargement pour les ordinateurs portables ou encore le maintien des écrans si le collège le souhaite. Les premiers résultats montrent que dans sa salle de classe l’enseignant garde le même niveau de confort dans ses usages numériques que s’il utilisait l’ordinateur fixe, la station d’accueil permettant, simultanément, une connexion filaire, la recharge de la batterie, la projection des ressources et une installation rapide (un unique câble à connecter).

 

A ce jour, le pilote n’est pas achevé, et le dispositif reste basé sur le volontariat des collèges. Dix nouveaux établissements se sont portés candidats pour tester ces nouvelles solutions.

 

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

Georges Siffredi

Président du Département des Hauts-de-Seine

 Une rĂ©ponse insatisfaisante et un passage en force Ă  la rentrĂ©e 2024 ?

La rĂ©ponse du prĂ©sident du conseil dĂ©partemental tĂ©moigne d’une expĂ©rimentation Ă  sens unique et qui se traduira, quoiqu’il arrive, par la fin de la double dotation.
Puisque le Conseil DĂ©partemental a choisi la dotation en Ă©quipement mobile, ce seront donc les ordinateurs fixes qui seront retirĂ©s, quoiqu’il en soit.

Pour nous, il est impensable que ces dĂ©cisions puissent se faire sans prendre en compte le choix de celles et ceux qui travaillent : ce sont celles et ceux qui travaillent qui sont les premiers et premières concerné·es par leurs conditions de travail et qui doivent donc ĂŞtre consulté·es et Ă©coutĂ©es.

De plus, contrairement Ă  ce qu’il indique dans sa rĂ©ponse (phase d’expĂ©rimentation + volontariat), les retours que nous avons en cette rentrĂ©e tĂ©moignent d’un plan de retrait d’ordinateurs fixes dans des collèges qui ne sont ni volontaires ni qui participent Ă  une quelconque expĂ©rimentation.

C’est pourquoi nous adressons cette rĂ©ponse au prĂ©sident du conseil dĂ©partemental, le 5 septembre 2024 :

Monsieur le Président du Conseil Départemental des Hauts-de-Seine,

Nous avons pris connaissance de votre réponse en date du 10 juin 2024 et nous vous en remercions.

Le dĂ©partement est, en effet, un acteur important de l’Ă©quipement informatique des Ă©lèves et personnels, et nous sommes conscients des investissements rĂ©alisĂ©s. 

Mais il ne peut pas passer outre la consultation d’autres organes administratifs. 

En raison du fait que le remplacement d’Ă©quipements informatiques prĂ©existants par des Ă©quipements mobiles est un changement des conditions de travail, nous souhaitons que les consĂ©quences de ces changements soient abordĂ©es en F3SCT qui est l’instance appropriĂ©e pour Ă©mettre des avis sur les conditions de travail. 

Afin de pallier aux inquiĂ©tudes et gĂŞnes engendrĂ©es par ces modifications de conditions de travail, nous revendiquons un double Ă©quipement informatique, en gardant les Ă©quipements informatiques prĂ©existants et en les entretenant au besoin. Cela vous permettrait « d’Ă©voluer au plus près des Ă©quipes de terrain », une de nos prĂ©occupations communes, en laissant un cadre plus souple aux personnels qui vous seront reconnaissants de l’attention que vous portez Ă  leurs besoins. 

Nous rappelons la nĂ©cessitĂ© de salle informatique fixe. Cela permet une mise en place rapide des activitĂ©s, sans la perte de temps inhĂ©rente au dĂ©ploiement des classes mobiles. Et cette nĂ©cessitĂ© correspond Ă  une demande institutionnelle puisque de plus en plus d’activitĂ©s en ligne (Passations de PIX, Ă©valuations nationales) sont demandĂ©es par l’Ă©ducation nationale. Ne pas avoir une salle dĂ©diĂ©e est pĂ©nalisant et pose des problèmes de mise en Ĺ“uvre lorsque tout un niveau du collège mobilise l’Ă©quipement mobile pendant plusieurs jours, sachant que ce dernier ne peut rester en place de manière pĂ©renne. Il y a donc un rĂ©el besoin d’une salle informatique Ă©quipĂ©e d’ordinateurs fixes pour, ainsi que vous l’indiquez dans votre rĂ©ponse, les diverses Ă©valuations et certifications obligatoires.

En l’Ă©tat, Ă©tant donnĂ© les contraintes des mallettes mobiles (aller les chercher / mise en place des ordinateurs / changements des ordinateurs non fonctionnels et/ou dĂ©chargĂ©s / rangement des ordinateurs /rangement des mallettes) qui est, sur un cours de 55 minutes tellement chronophage que cela entraĂ®ne une perte d’une quinzaine de minutes, un certain nombre d’enseignant·es ne les utilisent pas et privent ainsi leurs Ă©lèves de l’usage informatique. 

Par ailleurs, la taille des Ă©crans des ordinateurs mobiles des mallettes et peu adaptĂ©e aux Ă©lèves qui ont des problèmes de vue. Cela ne leur permet pas de travailler dans les conditions correctes qui sont celles d’ordinateurs fixes, dĂ©jĂ  installĂ©s et branchĂ©s, dotĂ© d’un Ă©cran d’une taille suffisante et de souris qui permettent une meilleure prise en main.

De mĂŞme, pour les enseignant·es qui doivent travailler toute la journĂ©e sur des ordinateurs mobiles dotĂ©s d’un Ă©cran trop petit, cela entraĂ®ne une fatigue notamment visuelle et ergonomique puisqu’il n’est pas possible de rĂ©gler l’Ă©cran en hauteur qui participe Ă  une dĂ©gradation des conditions de travail. Nous demandons donc le maintien des Ă©crans des ordinateurs fixes. 

En salle de travail des personnels, il est Ă©galement nĂ©cessaire de maintenir un Ă©quipement en ordinateurs fixes Ă©tant donnĂ© que, pour des raisons de praticitĂ©, nous sommes souvent amenĂ©s Ă  nous connecter sur les temps de pause et les intercours. DĂ©connecter et transporter Ă  chaque fois que l’on quitte sa salle l’ordinateur mobile relève d’une rĂ©elle dĂ©gradation des conditions de travail. Le maintien des ordinateurs fixes en salle de travail des personnels permettra de prendre en compte cette problĂ©matique. 

De mĂŞme, les personnels extĂ©rieurs qui viennent en appui de projets pĂ©dagogiques ont besoin d’avoir accès Ă  un ordinateur pour travailler sur place. 

Enfin, nous aimerions vous alerter quant Ă  l’Ă©quipement prĂ©occupant des accompagnants d’Ă©lèves en situation de handicap (AESH). Ils et elles travaillent au plus près des Ă©lèves handicapĂ©s pour qu’ils puissent suivre les cours auprès de leurs autres camarades, portant fièrement les valeurs rĂ©publicaines d’inclusion de tous les Ă©lèves. Ces personnels sont malheureusement sous-payĂ©s pour leur travail : 1 467e Ă  l’Ă©chelon 1 pour un temps plein, ce qui est rarement le cas ; et ne bĂ©nĂ©ficient pas des primes informatiques allouĂ©es aux personnels enseignants. Cependant, le matĂ©riel informatique leur serait d’une grande aide puisqu’une partie non-nĂ©gligeable des Ă©lèves qu’ils suivent utilisent continuellement l’ordinateur dans le cadre de leurs prescriptions mĂ©dicales ; qu’ils doivent assurer un dialogue permanent avec les Ă©lèves, les parents et le reste du personnels Ă©ducatif ; suivre la progression de leurs Ă©lèves sur pronote ; par mesure d’Ă©quitĂ© par rapport aux autres personnels. Que les AESH soient doté·es d’un ordinateur mobile est donc nĂ©cessaire pour assurer le suivi des Ă©lèves est pertinent pĂ©dagogiquement :  il permet dans ce cas d’apporter une souplesse supplĂ©mentaire. 

Le fait que les enseignant·es, tout en utilisant l’ordinateur fixe pour faire cours puissent également faire utiliser l’ordinateur mobile par un·e Ă©lève qui en a besoin relève Ă©galement de cette souplesse. Enlever l’ordinateur fixe revient Ă  revenir sur une partie de l’individualisation mise actuellement en place. 

Vous indiquez dans votre rĂ©ponse que « La politique d’équipement est dĂ©finie en Ă©troite collaboration avec les [...] Ă©quipes de terrain pour ĂŞtre au plus près des besoins des usagers. » Nous vous demandons donc effectivement de prendre en compte les retours des Ă©quipes des Ă©tablissements pour mettre en place un Ă©quipement qui correspond Ă  leurs besoins tels qu’elles les Ă©noncent.

Vous indiquez Ă©galement dans votre courrier que « A ce jour, le pilote n’est pas achevĂ©, et le dispositif reste basĂ© sur le volontariat des collèges. Dix nouveaux Ă©tablissements se sont portĂ©s candidats pour tester ces nouvelles solutions. » Or, les retours que nous avons en cette rentrĂ©e indiquent que, mĂŞme dans des Ă©tablissements non candidats et non volontaires, il est prĂ©vu que le dĂ©ploiement des nouveaux ordinateurs portables se fasse au dĂ©triment du maintien des ordinateurs fixes qui seront alors enlevĂ©s dès cette annĂ©e scolaire. 

Il s’agit soit d’un quiproquo soit de consignes qui vont Ă  l’encontre de votre rĂ©ponse. Pourriez-vous s’il vous plaĂ®t clarifier ce point ? 

En tout état de cause, nous demandons donc une nouvelle fois que les personnels ne bénéficient pas de cette nouvelle dotation sans leur accord et si cela doit se traduire par le retrait des postes fixes dans les salles ou l’arrêt du suivi technique de ces derniers.

Votre contribution aux conditions matérielles des personnels des collèges, adaptée à leurs conditions de travail, est essentielle.

Nous sommes prêt·es à vous rencontrer, vous ou vos services comme nous en avions fait la demande auparavant.

Soyez assuré, Monsieur le Président du Conseil Départemental, de notre attachement à un service public d’éducation de qualité et respectueux des conditions de travail de l’ensemble des agent·es.

 Agir dans son Ă©tablissement / se mobiliser pour ses conditions de travail

Nous vous recommandons de d’ores et dĂ©jĂ  :

➡️ D’aborder ce point avec votre direction afin de la sensibiliser sur cette situation, pour savoir si elle est au courant ;

➡️ D’aborder ce point en heure d’information syndicale ;

➡️ De complĂ©ter le registre SST de votre Ă©tablissement pour signaler les problèmes que posent les classes nomades dĂ©jĂ  en place et d’envoyer une photo de la fiche du registre SST Ă  la formation spĂ©cialisĂ©e (ce.f3sct-csad92-sec@ac-versailles.fr) oĂą nous siĂ©geons afin d’alerter sur cette situation ;

➡️ D’aborder cette situation en Commission Hygiène et SĂ©curitĂ© (CHS) si elle existe dans votre Ă©tablissement afin que cette dernière puisse Ă©mettre un avis sur ce point ;

➡️ Nous vous proposons de faire une déclaration lors de votre Conseil d’Administration et à envoyer au Président du Conseil Départemental, en vous inspirant du courrier ci-dessus.

 16 janvier 2025 : demande d’audience intersyndicale


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