Chantier des métiers : RASED en danger !

lundi 27 janvier 2014
par  SUD Education 92

LES R.A.S.E.D : vers une évolution du métier ?

En fait d’évolution, il s’agit en réalité d’un éclatement
des RASED qui nous est présenté.

Tout
en affirmant maintenir les trois spécialisations,
maîtresses
E, G et psychologues, tout en daignant
garder le sigle RASED (parfois rebaptisé
« équipe d’enseignants spécialisés »), c’est un
projet de fonctionnement très éloigné de celui
des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves
en Difficulté qui est proposé :

Installer les RASED dans l’unique domaine de
la grande difficulté scolaire, risque, compte tenu
de l’ampleur de la tâche, de les y cantonner,
ce qui va à l’encontre de la volonté première de
création des RASED, qui consistait à intervenir
quand une difficulté, ordinaire au sens où il y a
toujours difficulté en apprenant, ne pouvait,
tout simplement, pas être réduite dans le seul
cadre de la classe, du cycle, de l’école, malgré
tous les aménagements et autres différenciations
pédagogiques opérés.

À terme, de RASED, il n’y aurait plus, mais
seulement des maîtres.ses E dépendant directement
des écoles et des personnes ressources
(sans illusion, essentiellement des psychologues)
rattachées
aux IEN et missionnées
par eux pour intervenir dans les écoles ayant
effectués des demandes d’aides.

Avec ce projet, on va avoir des maîtres.ses
E
sédentarisées
dans quelques écoles (du fait
de la disparition des remboursements des frais
de déplacement) et des psychologues agissant
sur demande des IEN, les écoles envoyant directement
leurs demandes d’aides à l’IEN.

Cela rompt avec la pratique où la demande
d’aide était adressée au RASED de secteur,
étudiée lors d’une réunion de synthèse du RASED,
avec une réponse apportée par le RASED
la plus en adéquation possible avec les
difficultés exprimées, suivie le cas échéant
d’intervention directe d’une
enseignante
spécialisée.

Les psychologues seront dès lors vécues
comme les chargées
de mission des IEN,
avec tous les risques que cela comporte :
comment exprimer des difficultés si l’on croit
que son interlocuteur ou interlocutrice pourrait
les rapporter à l’IEN ?

C’est la négation de la place de la psychologie
à l’école qui fait par définition du psychologue à
l’école, un professionnel de terrain, de proximité,
qui peut répondre à la fois à la demande
des élèves, des parents des enseignantes
hors de tout contexte hiérarchique, évaluatif ou normatif.

C’est pour les psychologues des RASED,
ouvrir tout grand la porte vers une dérive
qui consistera à les faire intervenir sur ordre
des IEN sous couvert d’expertise, au coup par
coup. C’est abandonner toute notion de neutralité,
de bienveillance voire d’écoute. Par
ailleurs, les psychologues ne pourront plus du
tout assumer la mission primordiale de prévention
de la difficulté, de l’échec, de la souffrance
à l’école s’ils sont éloignés du terrain et assignées
à des tâches qui s’apparenteront à des
commandes institutionnelles voire des injonctions
 !

D’autres propositions des documents soulèvent
également notre inquiétude :
La possibilité pour les enseignantes
spécialisées,
plus particulièrement les psychologues,
d’intervenir directement auprès des élèves de
6ème. N’est-ce
pas une manière déguisée de
pousser vers la sortie celles et ceux qui en
sont actuellement chargées,
les COPsy ?

La volonté de transformer les enseignantes
spécialisées
en personnes ressources chargées
d’informer et d’accompagner les collègues,
rôle actuellement dévolu aux
conseillers pédagogiques : sur quels temps, au
détriment de quelles autres activités, avec
quelle formation ? On ne s’improvise pas « accompagnateur
ou accompagnatrice d’enseignantes.

Pour SUD éducation, le besoin le plus urgent, c’est de créer des postes et d’ouvrir des
places en formation en nombre suffisant.

cantonner
les RASED dans l’unique domaine
de la grande difficulté scolaire,
implanter
les postes E sur des écoles , et
rattacher directement les postes G et les
psychologues à la circonscription, en créant
pour ces derniers une nouvelle instance, le
pôle de ressource de circonscription, défini
ainsi : « regroupant tous les personnels que
l’IEN peut solliciter et fédérer pour répondre
aux demandes d’aides émanant des enseignants
ou d’une école,
attribuer
à l’IEN la fonction de décider que
les maîtresses
G « interviennent dans les
écoles, auprès des élèves.