Nous aussi il nous a trompé.e.s ! Attaque contre l’éducation prioritaire, les baisses de moyen : le 92 se mobilise !

lundi 27 janvier 2014
par  SUD Education 92

Depuis la rentrée scolaire 2013, à grands renforts de communication et de pseudo concertations, on nous annonce une vaste réforme des ZEP, censée améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels. Ce grand plan de communication s’est conclu le 16 janvier dernier par la publication des 14 mesures clés de la réforme de Vincent Peillon. Des mesures qui, concernant les moyens du moins, ne toucheront qu’une infime minorité des établissements, ceux que Peillon nomme inlassablement dans son rapport les « établissements les plus difficiles ». (sélectionnés sur quels critères ?). Le reste n’est que management, mise en concurrence des établissements, renforcement de la hiérarchie : recettes « miracles » du ministère de l’éducation.

Les conséquences réelles de ce manque de moyens ne se sont pas faites attendre : sur les 31 établissements de l’éducation prioritaire que comptent les Hauts-de-Seine, 27 perdent des moyens pour la rentrée 2014. Cette perte de moyens se traduit concrètement par la baisse des DHG ( dotations horaires globales ), c’est-à-dire le nombre total d’heures d’enseignement dont chaque établissement dispose.

A la découverte de cette baisse des DHG, les collègues de nombreux établissements ont décidé de se mettre massivement en grève, parfois reconductible. Le jeudi 23 janvier 2014, de nombreux collèges et lycées avaient des taux de grévistes avoisinant les 90%. Ces grévistes se sont retrouvés le matin en Assemblées Générales, à Colombes (120 personnes) et Nanterre (70 personnes) notamment, puis se sont rassemblé-e-s devant l’Inspection Académique vers midi, à 400, rejoint-e-s par des professeurs des écoles et instituteurs et par des parents d’élèves.

Une délégation a été reçue par le DASEN, qui a dit n’avoir pas les moyens de répondre aux renvendications. C’est pourqoi les établissements s’adressent au ministère pour exiger plus de moyens en terme de poste pour tout le département.

Bien que le ministre prétende donner priorité au premier degré, ne soyons pas dupes. La publication de la carte scolaire n’a pas été reportée après les élections municipales pour rien. Ce qui aura par ailleurs des répercussions sur les mutations.

Si elle avantageait réellement le primaire, elle servirait d’argument de campagne lors de ces élections. Cette manoeuvre politicienne prouve en réalité plusieurs choses. Premièrement, c’est bien l’éducation prioritaire dans son ensemble qui est sacrifiée sur l’autel de l’austérité et des économies drastiques. Deuxièmement, le gouvernement craint une mobilisation générale des personnels de l’éducation : mieux vaut affronter d’abord le second degré, puis ensuite le premier. Cette stratégie de division est utilisée au sein même de la mobilisation actuelle, en reprenant des moyens à certains établissements pour les redonner à d’autres.

La réforme des rythmes scolaires fait partie intégrante de l’abandon de l’éducation prioritaire. En effet, la territorialisation qu’elle met en place, par un temps d’organisation du périscolaire de plus en plus long confié à la municipalité, va créer des disparités géographiques importantes. Car malgré les meilleurs volont és de certaines communes (et seulement certaines), leurs moyens financiers ne peuvent qu’être insuffisants, l’état ayant trouvé ici un moyen de se désengager. Et ce sont encore les communes de l’éducation prioritaire qui vont en subir les conséquences, parfois au détriment de la vie culturelle de la commune (disparition de bibliothèques, de postes d’employés municipaux,...). Il leur faudra bien trouver les fonds pour financer les activités après l’école. De nombreuses communes ont déjà fait le choix de faire payer les parents.

N’attendons pas que la carte scolaire nous tombe sur la tête, combattons contre la réforme des rythmes, rejoignons le second degré dans la lutte, et exigeons du ministère une enveloppe plus conséquente, et non une redistribution des moyens (qu’il cesse de déshabiller l’un pour rhabiller l’autre !).

Combattons contre la réforme des rythmes, contre les fermetures de classes, pour des créations massives de postes (classe, remplacement, RASED...), pour une école émancipatrice !

SUD Éducation 92/ Premier Degré