La lutte chez Arcade Femmes, Précaires et Immigrées.

vendredi 10 juillet 2009
par  SUD Education 92

En avril 2002, une grève se déclenche chez Arcade, sous-traitant du groupe hôtelier Accor. Les
salariées soumises à des conditions de travail particulièrement difficiles (flexibilité, précarité)
réclament la baisse des cadences, le paiement de toutes les heures travaillées et des contrats à
temps complet. Elles on en effet un nombre de chambres à faire et une cadence de trois à six
chambres par heure. Leur paye est calculée sur le nombre de chambres faites divisé par la
cadence. Si elles ne font pas le nombre de chambres demandé ou si elle n’ont pas beaucoup de
chambres à faire, elles font des heures supplémentaires non rémunérées ou sont sous-payées par
rapport au travail effectué. Après une année de grève, la direction cède… mais il s’avère rapidement
que les engagement pris par la direction ne sont respectés que dans les hôtels où il y avait
des grévistes.
Né du conflit, SUD nettoyage et notamment une de ses déléguées syndicales, Mayant
Faty, particulièrement impliquée dans le mouvement se battent pour que les accords
soient respectés partout. Après des pressions diverses pour empêcher les salariées d’entrer en
contact avec ce nouveau syndicat de précaires, Mayant Faty se fait licencier pour dépassement de
ses heures de délégation syndicale. Prétexte bien pratique pour virer cette élue au comité
d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), qui voulait prouver qu’Accor ne
tenait pas ses engagements, à savoir contrôler les conditions de travail chez ses sous-traitants.
Dès lors tous les vendredis, pendant plus d’un an, Mayan Faty et le collectif de soutien se sont
invités dans un hôtel de la chaîne Accor pour informer les clientes de sa situation et des
conditions de travail dans les hôtels Accor .Bien sûr, malgré les promesses arrachées de haute
lutte à la direction d’Arcade, sur place, on pourrait croire à une défaite. Cependant ces femmes,
immigrées, qui travaillent dans une entreprise sans aucune tradition syndicale, considérées
comme une main d’oeuvre corvéable à merci pour un patronat habile à jouer du sexisme et du
racisme, ont montré, par leur résistance, qu’elles n’étaient plus prête à tout accepter.
Cette nouvelle tradition de lutte a débordé sur tous les secteurs des services (MacDo, Frog,
FNAC de la région parisienne entre 2002 et 2004).
En 2008, le combat pour la régularisation des travailleurs/
ses sans-papiers, massivement embauchés
dans la restauration, a sans doute profité de cette
expérience militante.
Derrière ces combats, ce sont les travailleurs/ses de
l’ombre condamnés à la précarité parce qu’immigrées
avec ou sans papiers, parce que femmes qui sortent
en plein jour. Étant les plus précarisées, toutes
leurs victoires sont des freins à la dégradation des
conditions de travail de toutes.