2002/2003 : surveillants d’externat et des emplois jeunes en lutte !

vendredi 10 juillet 2009
par  SUD Education 92

La mobilisation des emplois jeunes dont les aides éducateurs débuta en novembre 2002.
Crées en 1997 par le gouvernement de gauche, les emplois jeunes, dont les aides éducateurs
intervenant en milieu scolaire disposaient d’un contrat privé et précaire de cinq
ans maximum appelé à disparaître quelque soit le gouvernement en l’occurrence celui
de Raffarin. Le licenciement des emplois jeunes s’est fait en même temps que la mise en
extinction du statut des "pions". Dès le mois de septembre 2002, et plus massivement
en novembre, dans cinq académies (Nantes, Rennes, Caen, Toulouse, Ile de France), les
étudiants surveillants (maîtres d’internat - surveillants d’externat) et les aides éducateurs
(les emplois jeunes de l’Éducation nationale) se mirent en grève illimitée.
Nantes est indubitablement en pointe du mouvement en terme d´organisation avec des
AG souvent à plus de 200, cortèges avec plusieurs milliers de lycéens et profs solidaires
et la mise en place de caisses de grève dans certains bahuts... En décembre, le mouvement
s´étend massivement en Corse, dans la région Centre (Tours, Orléans puis Blois), à Lyon
et en région parisienne. En Janvier, la lutte gagne Besançon, Pau, Clermont-Ferrand et
aussi Nice. dans certains bahuts...
Le 6 mai, 20 000 à 25 000 manifestants défilent à Paris, plus de 15 000 à Marseille,
8 000 à Toulouse, et à l’issue de la manifestation parisienne, plus de 500 grévistes se
retrouvaient à la Bourse du travail, pour une AG d’Ile-de-France représentant 220 collèges
et lycées et des dizaines d’écoles, contre une trentaine en début avril.
Organisés en collectifs, la trentaine de collectifs existant se montèrent en coordination
nationale intégrant aussi les emplois jeunes hors Éducation nationale pour demander
leur titularisation et le maintien du statut des "pions".
Mais le ministère de l’Éducation nationale a décidé de substituer aux emplois jeunes des
catégories de travailleurs encore plus précaires, les assistants d’éducation. Face à
l’autisme gouvernemental, les emplois jeunes comprennent rapidement qu’ils ne peuvent
compter que sur eux-mêmes et leurs propres capacités d’organisation et de mobilisation
avec l’aide des syndicats Sud éducation et CNT. Leur revendication principale, celle
de la titularisation sans concours ni condition de nationalité fédératrice est combattue
par le SNES.
Malgré une mobilisation intense en juin 2003, 20 000 éducateurs, aides éducateurs sont
licenciés, peu obtiennent une embauche. En 2004, un ex aide éducateur Alban se suicide
après cinq années de "bons et loyaux services" dans son école parisienne.