Les différents statuts des stagiaires à la rentrée 2013

samedi 14 septembre 2013
par  SUD Education 92

Hollande et Peillon avait promis de rétablir une formation progressive des ensignantEs. Ça n’a pas été le cas à la rentrée 2012, le nouveau gouvernement se défaussant sur l’héritage du précédent sans prendre de mesures d’urgences... Ça n’est toujours pas le cas un an après : la grande majorité des nouveaux profs et CPE sera en responsabilité, sans observation et pratique accompagnées préalables. Petit tour d’horizon de l’avalanche de statuts destinés à masquer cet état de fait.

Les fonctionnaires-stagiaires admis au concours 2013-1

Comme les générations précédentes, également victimes de la réforme Chatel, leur stage sera en responsabilité dès le début de l’année à temps presque plein :

- dans le primaire, au moins 2 semaines de formation groupées pour touTEs, la situation variant ensuite grandement selon les départements ;

- dans le secondaire, 3h de décharge pour les PLC et 6 pour les CPE, avec une journée de la semaine libérée pour des formations.

Un suivi est assuré lors de la formation, par un tutorat (rémunéré 2 000 € pour l’année) et par l’inspection qui effectue une visite de titularisation en fin d’année.

La décharge de formation est dérisoire dans le 2nd degré (inexistante dans le 1er !) et place les jeunes enseignantEs dans une situation difficile face aux élèves.


Les fonctionnaires-stagiaires admis au concours réservé

Les lauréatEs de ces concours seront affectéEs à temps plein, normalement dans leur établissement d’origine, et se verront proposer des formations du PAF en fonction de leur expérience passée. Un tutorat serait envisagé "pour les plus fragiles" sans que ses modalités n’aient encore été définies.

Nous revendiquons une décharge équivalente à celle des autres stagiaires et l’absence d’heures supplémentaires. Nous dénonçons le fait que le calcul à l’ancienneté n’intègre que les services accomplis de "façon continue".


Les contractuels admissibles au concours 2013-2 (CAD2)

Devant la pénurie d’enseignantEs, le gouvernement a finalement décidé d’ouvrir un concours supplémentaire, dont les admissibilités ont eu lieu en juin 2013 et les admissions en juin 2014. En plus de préparer les oraux dans le cadre des M2 Enseignement, les admissibles de ces 2ème concours 2013 pourront signer un contrat de droit public avec les IA ou les rectorats. Pour 700 € net mensuels, elles et ils seront affectés sur des BMP de 5 à 7h dans le secondaire, voire plus si elles ou ils ont déjà un master ou une expérience d’enseignement, avec possibilités d’heures supplémentaires. Un suivi est assuré lors de la formation et par un tutorat (rémunéré 400 € pour l’année).

Ce dispositif place encore les collègues en situation d’enseignement sans formation préalable, et toujours sous la pression du concours. SUD Éducation revendique la titularisation sans condition des contractuelLEs.


Les étudiants en contrat "emploi d’avenir professeur" (EAP)

Les étudiants de moins de 25 ans, ayant fait au moins 2 ans de scolarité en zone prioritaire, bénéficiant de bourse sur critères sociaux, inscritEs en L2, L3 ou M1 et se destinant aux concours de l’enseignement peuvent obtenir d’une commission évaluant leurs résultats universitaires et leur projet professionnel un EAP. C’est un contrat de droit privé payé 400 € nets, avec une bourse de "service public" de 217 € cumulables avec la bourse sur critères sociaux.

L’étudiantE s’engage à suivre la formation et à se présenter au concours. Elle ou il indique dans ses vœux le degré d’enseignement et le cadre d’emploi (public ou privé) préférés, mais IA et rectorats ne sont pas tenus de les satisfaire, et peuvent faire des choix différents d’une année sur l’autre.

Elles et ils seront alors recrutéEs par un établissement mutualisateur et affectéEs pour une durée d’un an renouvelable 3 fois (36 mois), dans un établissement fixe pour une durée de 12h hebdomadaire. Cette durée peut être adaptée au cours de l’année (notamment pour s’adapter au calendrier universitaire) jusqu’à un maximum de 17h30 certaines semaines. Ces modalités doivent figurer dans le contrat.

Les AEP ont des "fonctions d’appui éducatif" : aide aux devoirs, pratique accompagnée mais PAS de remplacement. Leur suivi est assuré dans le cadre d’un tutorat rémunéré 300 € pour l’année.

Ce système est inégalitaire et ne constitue pas un vrai pré-recrutement. On reste très loin de notre revendication d’un revenu pour touTEs les jeunes en formation (617 € de plus par étudiantE, c’est moins que les 75% du SMIC que l’État devra financer pour un emploi d’avenir ordinaire).