Ca chauffe dans les bahuts : Non aux pressions hiérarchiques !

dimanche 2 juin 2013
par  SUD Education 92

Ca chauffe dans les bahuts : Non aux pressions hiérarchiques !
Depuis quelques années, les situations conflictuelles entre chefs d’établissement et équipes enseignantes se multiplient dans les établissements scolaires. Pas étonnant !

La volonté des gouvernements successifs de transformer l’école en entreprise capitaliste a abouti à une évaluation tous azimuts dans un esprit de gestion comptable et à une obligation de résultats.

Gare aux collèges ou lycées qui sont en dessous de la moyenne nationale ou départementale aux examens : c’est l’audit et le bonnet d’âne assuré ! À nouvelle école, nouveau patron !

On a donc donné aux principaux et proviseurs un rôle soi-disant « pédagogique » à travers l’animation d’équipes et de projets pour la mise en place des dispositifs demandés par l’institution : aide individualisée (forcément, quand on a des horaires peau de chagrin, des programmes pléthoriques et des effectifs démesurés, il faut bien aider les élèves qu’on a mis en échec !), anciens Itinéraires De Découverte et autres.

La plupart de ces projets étant basés sur le volontariat, et le chef cherchant, comme tout bon patron, un retour sur investissement et un rendement maximum (LOLF oblige !), il met donc la pression sur “ses” profs pour trouver suffisamment de volontaires qui, en braves petits soldats, vont lui pondre les projets en tous genres qui lui permettront d’affronter la concurrence (libre et non faussée !) des établissements voisins et de gratter quelques euros supplémentaires.

Le bon enseignant, dorénavant, est celui qui ne fait pas QUE ses heures mais se dépense sans compter, non pas dans sa classe, pour ses élèves mais en réunions et paperasses, dans la course aux projets de l’établissement.

Le chef essaie ainsi de créer une hiérarchie intermédiaire : le “super teacher” dont il espère qu’il le secondera activement, moyennant une juste reconnaissance ! Diviser pour mieux régner ?

Par conséquent, il faut un caractère bien trempé pour être chef de nos jours ! Une âme de manager ! Et ce n’est pas par hasard que de plus en plus d’enseignants dénoncent les pratiques de leur supérieur hiérarchique.

Dans certains établissements, ils se retrouvent confrontés au clientélisme, à l’autoritarisme, sont infantilisés, essuient des propos déplacés, des pressions, des rebuffades.

Quand le torchon brûle dans un bahut et si ça fait des vagues à l’extérieur, il arrive que l’institution envoie des IPR appuyer sur le couvercle de la cocotte minute ! Et chercher des poux aux équipes en passant ! Même si les enseignants dénoncent des abus de pouvoir, des insultes, du harcèlement, ils doivent reconnaître qu’ils sont “une partie du problème” ! Et comme les moyens alloués fondent d’année en année, il faut faire toujours mieux avec de moins en moins ! Il est donc tentant d’user et d’abuser de toutes les stratégies pour atteindre les objectifs !

Enfin, il est tellement rare qu’un chef soit déjugé par sa hiérarchie, qu’il n’est guère étonnant que de plus en plus de chefs se rêvent en patron de leur bahut-entreprise. L’UMP souhaite l’autonomie totale des établissements avec le recrutement et l’évaluation des profs par leur chef et le PS, même s’il est revenu sur le projet de notation des profs par les principaux et proviseurs l’an dernier, veut aussi donner plus d’autonomie aux établissements !

Les patrons vont donc continuer à museler les équipes pour faire passer les réformes !

SUD Education critique une éducation qui consiste à fabriquer au rabais et sous pression de la chair à patron et revendique une école coopérative dans une société démocratique, solidaire et égalitaire.


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