“Il n’y a pas d’austérité, c’est une invention de propagande” Jean Marc Ayrault, Premier ministre, 5 mai 2013, sur TF1

dimanche 2 juin 2013
par  SUD Education 92

Lors d’une courte intervention télévisée
le dimanche soir 5 mai 2013, le
Premier ministre a affirmé “qu’il n’y
a pas d’austérité” en ce moment
en France, et que c’était “invention
de propagande” .
Monsieur Ayrault a certainement raison… pour
une minorité de la population.

“Il n’y a pas d’austérité” pour les entreprises
du CAC 40 qui continuent d’engranger de forts
bénéfices versés ensuite en rémunérations énormes
à leurs dirigeants et en dividendes à leurs
actionnaires, car rien n’a été fait pour réduire les
délocalisations et le dumping fiscal mis en place
en Europe et dans le monde. « Il n’y a pas d’austérité
 » pour ceux des chefs d’entreprises qui
vont encore recevoir 20 milliards d’euros sur
deux ans versés par le Trésor Public qui se financera
en partie par une augmentation de la TVA.

“Il n’y a pas d’austérité” pour les affairistes de
tous poils qui, manifestement, prospèrent également
dans les cabinets ministériels et ne se font
prendre que grâce à quelques journalistes et
journaux indépendants et obstinés.

“Il n’y a pas d’austérité” pour ceux des
employeurs qui continuent de bénéficier des
aubaines que sont les exonérations de cotisations
sociales, et les niches fiscales sans contreparties
ni contrôles. Et pourtant, l’austérité n ‘est pas
une “invention de propagande” pour une grande
partie de celles et ceux qui vivent aujourd’hui en
France.

Ce n’est pas une
“invention de
propagande”
pour les 6
millions de chômeuses
et de chômeurs qui survivent avec des
allocations insuffisantes ou avec des minima
sociaux inférieurs au minimum vital.

Ce n’est pas une “invention de propagande”
pour toutes celles et pour tous ceux qui sont
amenés à accepter des emplois partiels, épisodiques,
mal payés, avec des conditions d’emploi
et des conditions de travail dégradées.
Ce n’est pas une “invention de propagande”
pour tous ces jeunes, les enfants et les petits
enfants de ces retraités présentés par ce même
gouvernement comme des privilégiés, sans formation
ou diplômés, mais qui sont à la recherche
d’un premier emploi.

Ce n’est pas une “invention de propagande”
pour tous les salariés et les agents des administrations
et des services publics, qui constatent que
les restrictions budgétaires se poursuivent, sous
un autre nom, avec le recul de leur pouvoir d’achat,
la dégradation de leurs conditions de travail
et aussi la dégradation des conditions de fonctionnement
de tous ces services publics.

Toutes celles et tous ceux qui, pendant des années, et encore aujourd’hui, se réjouissent des
suppressions d’emplois dans ces secteurs sont
coresponsables de la situation dans les écoles,
dans les collèges, dans les universités, dans les
hôpitaux, dans les services publics, à la justice,
dans les services chargés de lutter contre les fraudes
(impôts, douanes et trafics, consommation,
etc), dans les prisons, dans l’aide à la personne,
dans les maisons de retraite et les EHPAD, etc.
Des historiens font dire à Marie—Antoinette
qu’elle aurait répondu “S’ils n’ont pas de pain,
qu’ils mangent de la brioche”.

Cynisme ? Aveuglement ? Hypocrisie ?
Mensonge ?

Il ne suffira pas au premier ministre de quelques
pirouettes verbales pour convaincre tant de personnes
qu’elles ne subissent pas les conséquences
d’une politique d’austérité.