Il faut faire des efforts...

mardi 12 février 2013
par  SUD Education 92

Le ministre de l’éducation nationale demande aux enseignants de faire des efforts parce qu’il est le ministre des enfants…

Parlons de l’école primaire.

- En cinq ans, quatre vingt mille postes d’enseignant-es ont été supprimés. 

- Les postes des enseignant-es des RASED ont été décimés.

- L’aide soit disant personnalisée (des heures supplémentaires pour les « pas bons  ») a été instaurée, pour enlever les postes des enseignant-es spécialisé-es. Mais il n’y a eu personne pour nous former à la difficulté scolaire. 

- Le gouvernement a mis en place des "évaluations nationales" en CE1 et CM2, pour classer les écoles, les enfants et les enseignants. Cela a créé du stress, du bachotage, mis des élèves en échec, sans rien leur apporter. 

- Nous avons vu se mettre en place un fichage généralisé de l’enfance, avec le fichier Base élèves, le Livret Personnel de Compétences, résultats des évaluations nationales, au nom d’un culte païen de la "performance" numérisée. 

- Nous avons subi la semaine de quatre jours, qui a concentré le stress des écoles, sans aucune concertation 

- Nous avons vu la fin du travail en équipe, des projets, qui faisaient la base de notre métier. On n’a plus le temps, on ne se voit plus entre collègues.

- Nous avons été obligés d’appliquer les programmes de 2008, beaucoup trop denses et totalement réducteurs au lire-écrire-compter. Tout ce qui nous parait décisif pour stabiliser les savoirs (ouverture culturelle, activités sportives, temps de réflexion et d’expérimentation,…) est quasi inexistant dorénavant.

- Nous avons vu disparaître les classes à PAC (Projets culturels subventionnés).

- Nous avons été insultés par nos ministres (faiseurs de siestes, changeurs de couches, fainéants, privilégiés, nantis, corporatistes).

- Nous avons assisté à la disparition des médecins scolaires, des infirmiers scolaires, des Centres médico psycho pédagogiques, et de l’essentiel de la prévention de la santé à l’école…

- Nous avons constaté l’augmentation régulière des effectifs dans les classes (jusqu’à 35 enfants par classe dans certaines écoles).
- Nous avons compris que les ZEP et de l’éducation prioritaire, déjà abandonnées allaient disparaître.

- Nous nous sommes efforcés d’intégrer des enfants handicapés, sans formation et avec trop peu d’aides, souvent au mépris de leurs réels besoins.

- Nous avons accueillis des enfants non francophones, sans aide de personne, sans formation, sans apports sur la culture de ces enfants, souvent dans des conditions inadaptées. 

- Nous voyons des enfants Rroms interdits d’écoles dans certaines communes et même parfois, ces enfants et leurs enseignants sont contraints de travailler dans des gymnases ou même un commissariat de police...

- Nous subissons une importante baisse de notre pouvoir d’achat, car notre salaire est gelé depuis 3 ans et les charges en augmentation. 

- Nous devons travailler dans une culture de "l’entreprise" et du "chef" dans nos écoles avec l’invention d’un imaginaire devoir de réserve, pour mieux nous faire taire.

- Le nombre de personnels en statut précaire ( Assistants d’éducation, de Vie scolaire, ....) a explosé et désormais des milliers de gens travaillent dans l’Education nationale, souvent avec des diplômes supérieurs au Bac, sans même gagner un SMIC....

- Nous avons constaté la restriction de nos droits, avec la mise en place du service minimum, les déclarations préalables de grève, la journée de carence,…

- Nous avons assisté à des années d’attaques idéologiques contre la formation, puis à la disparition physique de la formation professionnelle des enseignants, avec la suppression des IUFM et la fin de la formation continue.

- Nous avons vu le sacrifice de centaines de jeunes collègues stagiaires, balançé-es seul-es dans des classes, sans formation et très peu de suivi.

- Nous avons vu disparaître les postes de remplaçants pour des "raisons budgétaires", au moment où le chef de l’Etat offrait la gratuité aux lycées français de l’étranger, juste l’année où son fils y entrait. 

- L’âge du départ à la retraite est passé de 55 à 60 ans et nos annuités de 37,5 à 42.

Pour toutes ces réformes, nous n’avons jamais été consulté-e-s, ni entendu-e-s sur aucun sujet qui touche notre métier, et chaque jour il fallait faire mieux avec moins et pour finir, nous avons été gazés devant le ministère à la fin d’une manifestation le 12 février 2013. 

… il est sérieux  ????????

SUD Education 92