Refondation ? Ne Peillons pas !

vendredi 18 janvier 2013
par  SUD Education 92

Malgré le vote négatif du Conseil Supérieur de l’Éducation nationale, le 8/01, et celui du Comité Technique
Ministériel du 11/01, Vincent Peillon a fait passer en force son décret sur les nouveaux rythmes scolaires et le
temps de service des enseignants des écoles.
Ce décret, contrairement aux objectifs
mensongèrement affichés, va à l’encontre des intérêts
des élèves : une semaine scolaire plus lourde, sans
coupure le mercredi, avec des journées de présence à
l’école aussi longues, des programmes aussi
inadaptés, des activités péri-scolaires souvent
insuffisantes et sous-encadrées...

Pour les enseignants, c’est la dégradation
programmée de leurs conditions de travail et la remise
en cause de leurs statuts :

– le mercredi matin (ou le samedi matin sur
dérogation) seront travaillés pour les PE (un trajet
hebdomadaire de plus à nos frais) comme pour les
élèves. C’est au DASEN de valider les propositions
des mairies ou communautés de communes, dans un
souci d’harmonisation départementale... Comprendre :
en s’adaptant aux possibilités des entreprises de
transports scolaires ? Pour l’instant, l’avis des
enseignants n’intéresse personne !

– Avec au maximum 5h30 de classe par jour et
3h30 le mercredi matin, notre temps de présence
« forcée » à l’école augmentera, car les mairies sont
pour le moment favorables à un allongement de la
pause de midi (moins d’enfants à charge car certains
rentrent manger à la maison, et 15 mn de plus dans la
cour avec les mêmes personnels, pas de quoi trouer
un budget...) ; nous devrons en plus placer dans ces
semaines 24 h de concertations sur l’année...

– 48 heures de temps de service seront aussi à
placer hors « temps élève » : à nous les formations,
réunions, après la classe ou le mercredi après-midi...

– animations pédagogiques et formation
continue (18h) pourront être réalisées pour moitié sur
supports informatiques : parions qu’un appel d’offre
sera lancé pour ouvrir ce nouveau marché au privé, et
le gaver de fonds publics... Et obligation d’allumer la
webcam pour attester de notre présence devant
l’écran ?

– les programmes de 2008 sont conservés, les
RASED ne sont pas rétablis, les médecins scolaires
sont en nombre insuffisant, le socle commun et le LPC
sont maintenus, Base Élève aussi...

– cerise sur le gâteau, le statut de fonctionnaire
est attaqué avec l’heure d’activité pédagogique
complémentaire pouvant être réalisée en lien avec le
Programme Éducatif Territorial, indépendant de l’EN...

De son côté, l’Association des Maires de France vient
d’obtenir que les taux d’encadrement d’enfants soient
revus à la baisse, pour ne pas avoir à embaucher trop
de personnels. Et nous avons appris le 25/01 que :
« Le caractère gratuit ou payant des activités
périscolaires issues de la réforme des rythmes
"dépendra des collectivités locales" et elles ne
seront pas obligatoires », ce que le « ministère de
l’Éducation nationale a confirmé à l’AFP (…) : "le
temps périscolaire n’est pas obligatoire. Les
communes auront donc le choix de faire payer,
même si elles sont encouragées à ne pas le faire,
avec l’aide du fonds" de 250 millions d’euros
annoncé par le Premier ministre pour aider celles
qui mettront en place la réforme des rythmes
scolaires dès septembre 2013.

Que deviendront les enfants dont les familles ne
pourront ou ne souhaiteront pas payer pour ces
activités périscolaires ? Ou les enfants vivant dans
des communes ne pouvant matériellement pas ou ne
souhaitant pas mettre en place de telles activités
(puisque pas obligatoires) ? L’égalité républicaine n’est
même plus évoquée, pour ceux qui y croyaient
encore...

Malheureusement, ce décret n’est qu’une partie du
projet de loi d’orientation et de programmation sur
l’éducation présentée le 23 janvier et dont le contenu
est inadmissible et dangereux : soumission de l’intérêt des élèves et des enseignants à ceux des patrons.

Sud éducation appelle les collègues
à se mobiliser contre cette pseudo refondation
démagogique, et à se faire entendre pour que
l’école de demain ne soit pas pire que celle
d’aujourd’hui, pour les élèves comme pour les
enseignants !

Pour l’abrogation du décret Peillon
sur les rythmes scolaires !

Pour une école égalitaire
et émanicpatrice !


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