Lettre aux parents des professeurs de langue du lycée Joliot-Curie de Nanterre

samedi 19 janvier 2013
par  SUD Education 92

A l’attention des parents d’élèves du lycée Joliot Curie

Madame, Monsieur,

Peut-être ne le savez-vous pas mais une réforme des épreuves de langues étrangères au baccalauréat doit se mettre en place dès cette année. Cette réforme prévoit d’ajouter des épreuves d’expression et de compréhension orales. Les professeurs de langue dont ceux du lycée Joliot-Curie se réjouissent du fait qu’enfin l’oral soit évalué. Cependant, la mise en œuvre des nouvelles épreuves dès cette année pose de très gros problèmes, à plusieurs niveaux.

Fondamentalement, ces épreuves perdraient leur caractère national, et contribueraient à faire du baccalauréat un examen partiellement local. Cette logique est contraire aux principes d’équité et d’anonymat qui régissent le bac, et auxquels nous sommes très attachés. En effet, avec la réforme qu’on veut nous imposer, les professeurs sont censés à la fois définir les sujets et corriger eux-mêmes les copies de leurs propres élèves. Autrement dit, on nous demande d’être à la fois juge et partie.
Le risque est évident : en introduisant des éléments de caractère local dans l’examen – éléments sans doute appelés à se multiplier à l’avenir dans d’autres disciplines – les autorités de l’Education Nationale introduisent une dose d’inégalité entre les établissements. Comme chaque lycée cherche à avoir les résultats les meilleurs possibles au baccalauréat, une telle réforme conduirait forcément à des pressions sur les professeurs pour qu’ils choisissent des sujets en fonction du niveau global du lycée et pour qu’ils soient indulgents dans la notation de leurs propres élèves. Cette logique conduit directement à l’accroissement des inégalités entre établissements scolaires, avec, en fin de compte, un « bac Joliot » différent d’un bac « Pasteur », par exemple. Par la suite, on comprend aussi que les employeurs auraient tendance à apprécier différemment les CV en fonction du lieu de scolarisation et d’obtention du diplôme. C’est injuste et dangereux. C’est inacceptable !

Il y a d’autres problèmes. Les nouvelles épreuves d’expression orale font l’objet d’un très grand flou – au point que nous ne savons toujours pas comment préparer nos élèves à cette épreuve – et les explications données par notre hiérarchie sont contradictoires. De plus, on trouve une bonne dose d’arbitraire dans l’épreuve de compréhension orale qui doit faire l’objet d’un « compte-rendu ».

Nous avons donc demandé au Ministère un moratoire sur l’application de cette réforme, qui nous permettrait de faire passer cette année les épreuves selon l’ancien format, tout en nous donnant le temps de mettre en place de nouvelles épreuves dans le respect des principes d’égalité et d’anonymat du baccalauréat. Notre hiérarchie est totalement sourde à nos demandes et n’a même pas daigné nous répondre.

Nous vous demandons donc votre soutien pour que notre action soit relayée par les parents, afin que les nouvelles épreuves orales du baccalauréat ne soient pas l’occasion d’une inégalité accrue entre établissements. A travers l’avenir du baccalauréat, c’est l’avenir de vos enfants qui est en jeu.

LES PROFESSEURS DE LANGUE VIVANTE DU LYCEE JOLIOT-CURIE


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