Notre conception de l’école

mercredi 21 décembre 2011
par  SUD Education 92

Construire une autre école

SUD éducation se réclame de l’héritage historique d’un syndicalisme de
rupture avec la société capitaliste. SUD éducation s’appuie sur un mode
de fonctionnement autogestionnaire, antiautoritaire et démocratique
préfigurant une autre société. Notre intervention, comme professionnels
de l’éducation, enseignants et non-enseignants, mais aussi hors de l’école,
doit être en adéquation avec ce projet syndical alternatif.

L’école ne devrait être la propriété de personne : ni des enseignants, ni
des parents, ni de l’Etat. C’est en ce sens que nous devons favoriser la
reprise en main, par tous les acteurs du mouvement syndical et social, de
la réflexion autour de l’école en France en général, et d’une possible
alternative au modèle d’école actuel, héritage de l’école républicaine,
comme au nouveau modèle qui émerge. Nous nous situons comme
héritiers de la réflexion et de la pratique pour une éducation populaire.

La réflexion sur l’école ne doit plus être l’apanage du seul gouvernement,
de ses experts et de quelques intellectuels plus ou moins informés. Elle
concerne tout le monde.

Nous nous situons également aux côtés de militants pédagogiques, qui,
loin de se cantonner dans la simple technicité de l’éducatif, inscrivent
leur réflexion et leur action dans un projet de remise en cause des
valeurs sur lesquelles se fonde la société capitaliste.

Nous sommes résolument hostiles à la culture du profit, à la compétition
de tous contre tous, à la hiérarchisation des savoirs et des individus, à
l’autoritarisme dans les relations adultes-enfants.

Le projet capitaliste, concevant les individus comme des marchandises,
l’école comme un marché, ne pose comme unique finalité scolaire que
l’employabilité de chacun. Il s’appuie sur la soi-disant responsabilité
individuelle concernant l’échec ou la réussite des élèves (et des
enseignants et des parents) pour nier les responsabilités des politiques
mises en place.

La reproduction sociale et le tri perdurant, les capitalistes
pourront ainsi justifier la privatisation du service public.
 ;
C’est dans cette perspective que le marché de l’éducation constitue un
enjeu majeur pour les libéraux : "SMIC culturel" et éducation à la
citoyenneté (pacification) pour les masses populaires destinées au
chômage ou à la précarité, privatisation sous différentes formes des
enseignements diversifiés et professionnalisés ; pour les autres, filières
d’élite, classes "CAMIF", et, dans le second degré, marché de l’édition et
des nouvelles technologies.

Le projet international de libéralisation des services
(Accord Général sur le Commerce des Services, dont
la santé et l’éducation) programmé par l’OCDE
(organisation internationale de 34 pays industrialisés)
travaille, loin de tout contrôle démocratique, pour promouvoir le libreéchange
et la concurrence, en accord avec la dérégulation du commerce
international orchestrée par l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce).

Il s’agit pour nous d’oeuvrer, ici et maintenant, à la formation d’individus
libres, capables de réfléchir et d’agir en collectivité, capables de penser le
monde qui les entoure, de le soumettre à leur regard critique.

Bien sûr,
SUD éducation se positionne contre le socle commun de connaissances
qui appauvrit les programmes et fait disparaître tout esprit critique. Ce
chemin est possible en développant pour les années à venir la réflexion
collective...