Souffrance au travail : subir ou réagir ?

samedi 1er septembre 2012
par  SUD Education 92

Les 25 et 26 juin dernier, le stage syndical
« Conditions de travail et souffrance au boulot », organisé
par les syndicats SUD Éducation d’Île-de-
France à la Bourse du travail de Paris a été l’-
occasion pour les nombreux-ses participant-e-s, de
toutes catégories et de tous statuts (personnels
ouvriers, enseignant-e-s des premier et second degrés,
de l’Université, administratif-ve-s, agent-e-s de
labo^ titulaires ou contractuel-le-s) de faire le point
et d’échanger sur les situations de souffrance liées
aux conditions de travail, au non-remplacement des
personnels, à l’augmentation des charges, à l’allongement
du temps de travail, à la multiplication des pressions
hiérarchiques de plus en plus fréquentes,
voire au harcèlement, avec pour objectif d’apporter
des réponses syndicales et collectives et de
construire les luttes.

Des outils pour défendre ses droits...

Les camarades de SUD Éducation Calvados
intervenant ont rappelé à quel point il était urgent que
les personnels s’emparent des outils que le droit met
à leur disposition en insistant notamment sur les mesures
de prévention contre la souffrance au travail
que le décret 82-452 du 28 mai 1982 a instituées,
mais qui, dans la fonction publique, – 30 ans après !
– restent encore trop méconnues des personnels et
que les employeurs semblent se refuser obstinément
à mettre en application.

Ainsi les échanges ont-il été nombreux et
fructueux tant sur l’utilisation du registre de santé et
de sécurité au travail que sur la notion d’accident de
service (l’équivalent dans la fonction publique de
l’accident de travail), le document relatif à l’évaluation
des risques pour la santé et la sécurité des
travailleurs (« document unique d’évaluation des
risques », ou DUER), l’usage du droit de retrait, la
visite médicale ou encore l’accompagnement
syndical des personnels...

A titre d’exemple, le décret 2011 -774 du 28 juin 2011 ,
comme le décret 201 2-1 70 du 3 février 201 2 (pour la
fonction publique territoriale), rappellent l’organisation
des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions
de travail (CHSCT) dans la fonction publique et notamment
l’obligation qu’un registre de santé et
sécurité soit mis à disposition des personnels.

Chaque agent, mais aussi chaque usager, a
la possibilité d’inscrire objectivement sur ce registre
toutes les observations et toutes les suggestions qu’il
ou elle juge opportun de formuler dans le domaine
de la prévention des risques professionnels (tant
physiques que psychologiques) et l’amélioration des
conditions de travail. Ce registre a une valeur juridique
et il faut en exiger la mise à disposition,
partout où il n’existe pas encore : les nombreux
témoignages ont montré lors de notre stage que
c’était, hélas, trop souvent le cas !

Et construire les luttes collectives...

Cet arsenal légal permet de mettre les employeurs
devant les textes et de leur rappeler leurs
obligations et nos droits, mais il va de soi que nous
serons d’autant plus entendus que nous ne resterons
pas isolés : le combat syndical sur le terrain et la mobilisation
de l’ensemble des personnels contre toutes
les formes de souffrances au travail doivent
permettre à chacun-e la défense de ses droits
élémentaires.

Une illustration des luttes à construire pour
combattre l’augmentation de l’exploitation a été donnée
à travers l’intervention d’un camarade de SUD
Poste évoquant la lutte des postiers de Nanterre,
ainsi que par le rappel du mouvement mené cette
année contre le règlement allongeant le temps de
travail des agents à la Région. Ce combat, SUD
Éducation entend bien le poursuivre, en dépit de
l’obstination de l’exécutif régional dans cette régression
sociale à laquelle se sont pliées la plupart des
organisations syndicales représentées lors du Comité
Technique Paritaire (CTP) du 27 juin.

À travers un travail syndical offensif !

Là où SUD Éducation est présent, le travail
syndical doit être de construire sur le terrain les solidarités
indispensables à la défense de toutes les catégories
sur un même lieu de travail et de porter des
revendications offensives sur l’organisation du travail.

Les multiples problèmes évoqués lors du
stage reposent pour la plupart sur l’exploitation mise
en place par la hiérarchie et, qu’il s’agisse des départements,
de la Région ou encore de l’État, on a pu
constater que, partout le même type de logique et de
gestion managériale pathogène s’applique : on n’embauche
pas et le manque de personnel est criant, les
absent-e-s ne sont pas remplacé-e-s, la charge de
travail de toutes et tous augmente, de même que la
pression, notamment celle exercée sur les personnels
les plus précaires. Ensuite l’employeur a beau
jeu de faire faire un quelconque « audit » pour prétendre
que le boulot peut être fait à moins... mais
quid des multiples souffrances engendrées par ce
mode de gestion ?

Se battre contre la souffrance au travail,
c’est refuser l’exploitation et se battre ensemble
contre la hiérarchie et ses méthodes de management,
contre la division des catégories de personnels
qu’elle entretient savamment, contre la
précarité qu’elle développe à dessein et pour la
titularisation de toutes et tous sans conditions.