Rentrée sous haute surveillance

dimanche 19 août 2012
par  SUD Education 92

« Création de postes », « renforcement de l’encadrement dans l’école primaire et les ZEP », ... les promesses du gouvernement fraîchement élu laissent espérer à nombre de collègues et de parents une amélioration de la situation dans l’Éducation. Pourtant l’expérience nous permet d’en douter et de craindre que la politique d’austérité dans l’École comme dans les autres domaines de la société va se poursuivre.
Nous ne faisons pas partie des organisations qui prônent l’attentisme et nous encourageons tou-te-s les collègues, de la maternelle à l’université, quels que soient leur mission et leur statut, à discuter sur le lieu de travail des conditions de rentrée, à réagir collectivement sans tarder et à nous en informer.

Les effectifs des classes sont une des bases des conditions de travail et de réussite des élèves. Dans certains lycées en ZEP du département, des enseignants ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’assureraient pas la rentrée si les effectifs dépassaient les 30 élèves par classe, ne serait-ce que d’un seul élève. Il faudrait être nombreux à porter cette revendication pour espérer l’imposer collectivement.

En maternelle, l’accueil des enfants de 2 ans sert de variable d’ajustement pour ne pas créer de nouveaux postes dans des zones sensibles. Nous savons combien l’accueil de ces jeunes enfants peut se révéler un facteur de réussite scolaire dans certaines communes où rien n’est proposé pour la petite enfance. Continuons de revendiquer la scolarisation des enfants de 2 ans avec des conditions adaptées.

Depuis plusieurs années déjà, les recalés du bac constituent une variable d’ajustement dont le redoublement n’est pas assuré, les incitant ainsi à grossir les rangs de tou-te-s les exclu-e-s de l’Ecole, notamment des victimes du bac pro 3 ans. Il est donc essentiel d’être attenti-ve-f au suivi des élèves en fin de parcours, à leur réinscription en cas d’échec aux examens ou d’orientation non obtenue. Faites-nous remonter les informations concernant votre établissement à ce sujet le plus tôt possible. Là aussi, seule une réaction collective assurera la scolarisation des jeunes ayant échoué au bac.

Les agents d’accueil, d’entretien, de maintenance et administratifs, font souvent partie des oublié-e-s du système éducatif. Pourtant leurs conditions de travail se dégradent régulièrement, avec augmentation du temps de travail et des pressions hiérarchiques, accroissement de la charge de travail dans les lycées où le nombre d’élèves a sensiblement augmenté sans création de postes. N’hésitez pas à vous saisir du registre « Santé et sécurité au travail » pour y signaler tout problème de sécurité lié à ce déficit de personnel et à nous contacter pour nous en informer.

Dans la famille des parents pauvres des établissements du 2nd degré, il y a bien sûr la vie scolaire, constituée pour le plus grand nombre de collègues embauché-e-s en contrats précaires (Assistants d’Éducation, Emploi ou Assistant de Vie Scolaire, CUI, ...) et dont la prolongation de contrat, avec pour devise évidente « sois docile et tais-toi », dépend directement du chef d’établissement. Sans soutien des collègues titulaires, ils-elles sont donc soumis-e-s à la hiérarchie et ne peuvent constituer durablement des équipes efficaces pour lutter contre l’absentéisme et soutenir les élèves dans leur scolarité, autour de CPE ayant la charge de plusieurs centaines d’élèves en général. Il faut là aussi développer une solidarité collective entre tous les agents du service public d’éducation.

Dans cette liste non exhaustive, on ne peut oublier le démantèlement de l’enseignement spécialisé et des dispositifs de remplacement, sur lequel le nouveau gouvernement doit vite revenir grâce aux créations de postes, au risque de voir encore s’aggraver les inégalités scolaires sociales et géographiques. Nos exigences doivent être l’abandon de ce démantèlement imposé par la droite.

Les premiers discours et l’absence de mesures concrètes nous permettent de considérer que ce gouvernement, dans la droite ligne de ces équivalents européens, va poursuivre les plans d’austérité et ne reviendra pas complètement sur ces régressions. S’il faut ajouter un élément de preuve à cette conviction, on peut observer que le Conseil Régional d’Ile-de-France, de gauche, n’a en rien résorbé la précarité chez les ATTEE (anciennement TOS) des lycées en dépit de ses promesses, a augmenté les horaires et la charge de travail des agents et n’hésite pas à sanctionner ces derniers à la demande des chefs d’établissement et/ou gestionnaires, quels que soient les faits et témoignages présentés pour leur défense.
C’est donc à l’ensemble des travailleuses et travailleurs de l’Éducation de se rappeler à leur bon souvenir en n’hésitant pas à recourir à la grève ou à tout autre rapport de force témoignant clairement de notre détermination à ne pas nous laisser endormir par des promesses.

SUD-éducation 92 invite pour cela tou-te-s les collègues à organiser des Heures ou Réunions d’Information Syndicale pour la rentrée, et à réfléchir dès maintenant aux modes d’action à envisager pour imposer nos revendications que le nouveau gouvernement ne semble pas vouloir prendre en compte.

SOYONS VIGILANTS ET RÉACTIFS A LA RENTRÉE !

SUD Education 92


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