Dette, austérité : Ce n’est pas à nous de payer !

mardi 17 janvier 2012
par  SUD Education 92

La France est beaucoup plus riche qu’il y a 50 ans, même après la récession de 2009 ! Et dans un pays encore plus riche,

il faudrait revenir sur ces acquis et accepter l’austérité ? C’est que l’on veut nous faire croire, en prétextant une dette
et une crise, toutes deux conséquences d’une politique qu’il faut changer.

Comment un pays riche peut-il être endetté ?

Certes la dette existe, mais d’où vient-elle ?

La dette est née de la politique fiscale favorable aux riches

Les différents gouvernements ont décidé de faire des cadeaux aux plus riches, de diminuer les recettes de l’État. Ainsi, le
taux le plus élevé (taux marginal d’imposition) de l’impôt sur le revenu était encore de 65% en 1982 pour n’être plus que de
41%, aujourd’hui. Evidemment passer de 65 à 41% diminue considérablement les recettes de l’État, provoque un déficit
du budget et crée puis alimente une dette.

Cette baisse des impôts ne représente qu’une partie d’une même politique fiscale, il faut y ajouter :

- les niches fiscales et baisses de TVA. Selon le projet de loi finances, le coût global des niches fiscales s’élèverait à 145 milliards d’euros (quasiment le montant du déficit annuel de l’État ;

- les cadeaux aux entreprises notamment les exonérations de cotisation sociale.

- la fraude fiscale, dont les paradis : 40 à 50 milliards d’euros par an,
De fait, les 1% les plus riches ne paient que 20% de leur revenu en impôt.
Y-a-t-il une explosion des dépenses publiques comme l’affirme le Medef ?
En France, les dépenses publiques passent de 55% du PIB en 1993, à 52,3% en 2007 avant la crise financière.

Nous ne sommes pas les seuls à le dire :

Le récent Rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques en juin 2011 : « La crise
explique au plus 38 % du déficit, qui est surtout de nature structurelle et résulte largement de mesures discrétionnaires ».

La crise est la conséquence d’une politique menée depuis une trentaine d’années qui impose l’austérité pour le plus
grand nombre et un partage de plus en plus inégalitaire de la richesse produite.

Une récente étude de la Commission européenne indique que la part des salaires dans la valeur ajoutée - la richesse
créée par les salariés dans les entreprises - a baissé en moyenne d’environ douze points en un quart de siècle dans l’Union
européenne. A l’inverse, en France par exemple, les dividendes versés aux actionnaires en 2007 représentaient 12,4 % de
la masse salariale contre 4,4 % en 1982.

Ce transfert des richesses, des salaires vers les profits, a eu deux effets complémentaires :

- Les profits des entreprises ont explosé, ce qui représente, en France, environ 180 milliards d’euros supplémentaires
par an. Ils se sont retrouvés sur les marchés financiers et ont alimenté la bulle spéculative.

- Le pouvoir d’achat de la grande masse de la population a stagné voire diminué.


La dette a aumentée à cause de leur crise

Un coup d’oeil sur le poids du déficit public dans le PIB (Produit Intérieur Brut) montre qu’il est resté raisonnable
jusqu’en 2007, pour la plupart des pays européens. Les années 2008 et 2009 connaissent un envol de la dette. Le déficit
public de la zone euro dans son ensemble est passé de - 0,7% du PIB en 2007 à - 6,3% en 2009.

Ce bond de la dette est un effet de la crise, de la décision des États de renflouer les banques, puis de mettre en
oeuvre des plans de relance pour contenir la récession. Cette crise, les salarié-e-s et plus globalement la population n’en sont
pas responsables.

Après avoir diminué leurs recettes, après avoir renfloué les banques, les gouvernements crient à la faillite et
veulent faire payer les populations en instaurant la rigueur et l’austérité. Ils se soumettent aux marchés financiers qui
multiplient les attaques spéculatives. La finance est responsable des 30 ans de transfert de la masse salariale vers les profits,
qui a alimenté la spéculation et incité à l’endettement.

Il faut réorienter l’économie vers la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux, dans le respect des impératifs écologiques.

Les salariés, les chômeurs et les retraités sont les premières victimes d’une crise dont ils ne sont aucunement responsables.

Alors qu’une pluie de milliards d’euros est déversée sur les banques, et que les cadeaux au patronat se multiplient, rien,
ou presque, n’est fait pour la population qui se retrouve au coeur de la tourmente.