La dette en 2 temps trois mouvements ou : ni vu, ni connu, j’t’embrouille…

jeudi 15 décembre 2011
par  SUD Education 92

D’abord, le contexte : le capital a d’abord usé des politiques de type keynésien (mâtiné de
protectionnisme national) pour reconstruire son appareil productif après 45 pendant trois
décennies dites glorieuses, puis au nom du néolibéralisme, il a mondialisé la production
(=délocalisations) et, surtout, la finance. Dans cette phase, inaugurée avec Reagan et
Thatcher, le capital n’a cessé de s’attaquer aux concessions faites aux salariés dans les
périodes précédentes : contre les retraites, contre les services publics qu’on marchandise à
tour de bras. La politique fiscale est un excellent moyen pour accroître la rentabilité du
capital, et servir les classes possédantes. Le pouvoir actuel a usé et abusé de ce moyen.

La propagande médiatique que nous subissons au quotidien nous serine que notre Etat est
surendetté parce que les dépenses publiques, et parmi celle-ci les dépenses sociales en tout
premier lieu, sont excessives.
Tout est bon pour accroître l’exploitation des travailleurs… et les profits. Même les pires
échecs du capital, les preuves de sa déconfiture servent ! C’est le sens de la crise
commencée avec les « subprimes » et dite aujourd’hui « de la dette ».

1er temps : Il y a belle lurette que la
Bourse ne sert plus à apporter un
financement aux industries qui se
développent ! Les « traders » inventent
des « produits boursiers » pour optimiser
les profits de leurs employeurs et
complices, « les marchés » (càd les
capitalistes des banques, fonds de
pension, les patrons boursicoteurs).

Ils jouent sur la baisse et/ou la hausse des cours…
des actions, des monnaies, des
matières premières et ils s’efforcent de provoquer
ces hausses et ces baisses pour mieux en profiter.
Ils imaginent et vendent des « produits
financiers » (à d’autres banques, et au bout du
compte à des « épargnants » petits ou gros)
produits consistant largement en des profits…
escomptés.

2ème temps (et mouvement) : Et c’est là qu’intervient la crise dite des « subprimes ». Pour
accroître les profits malgré l’appauvrissement de la population liée aux politiques
néolibérales, ils favorisent les crédits… pour pousser des salariés plus ou moins précaires, à la
limite de la pauvreté, à acheter une maison, en leur imposant des crédits « revolving » et
autres prêts progressifs. Empruntez, empruntez, ça fait marcher les affaires… et les profits.
Tout est bon pour pousser à la consommation… On vous prête sur la base de la valeur du bien
immobilier que vous avez acheté mais pas payé – et que vous ne pourrez pas payer, dans de
nombreux cas.
Et, bien entendu, patatras ! Un bon nombre des emprunteurs tombent dans le
surendettement, deviennent insolvables. Nos financiers, traders, banquiers… ont parfois vu
venir le coup : ils ont fabriqué des produits financiers intégrant en plus ou moins grand
nombre ces dettes « toxiques », qu’ils savent non remboursables. Et ils ont fourgué leurs crédits pourris à d’autres banques. Les premiers truands sont des banquiers américains
(Lehman’s Brothers, par exemple), et ont entraîné dans leur sillage des « caves », banques
européennes style Natixis (Banque populaire et Crédit mutuel), qui ont grugé quantité de
petits porteurs qui avaient cru au mirage des profits à deux chiffres et sans limites.

3°… : la plupart des banques sont en faillite, incapables qu’elles sont de rembourser leurs
dettes. Une bonne partie de leurs « avoirs » sont du vent. : elles sont propriétaires de ruines.
Les surendettés américains sont chassés de leurs maisons… qui ne valent plus rien sur le
marché immobilier.
Et alors, et alors ? l’Etat est arrivé, très pressé de renflouer les banques « pour rassurer les
épargnants et les clients des banques et garantir leurs avoirs ». On leur prête à taux zéro les
milliards d’euros qui bouchent les trous dans la trésorerie… Elles empruntent à nouveau
auprès de la Banque centrale européenne à des taux dérisoires.
Mais ce faisant, on a creusé la dette des Etats, celle que les cadeaux fiscaux aux possédants
ont déjà créé ! Les règles de l’Europe libérale imposent que les Etats empruntent aux banques
privées, aux taux fixés par les « agences de notation », officines pseudo-objectives et
directement dépendantes du capital. Elles fixent les taux des emprunts en fonction du degré
de confiance que le capital, comme classe possédante organisée et consciente d’elle-même,
accorde aux différents Etats et opérateurs économiques…
Le tour de passe-passe, qui semble objectivement totalement insensé d’un point de vue
rationnel, consiste à nous faire croire que la dette est due à des dépenses sociales
démentielles (alors qu’elles régressent depuis 20 ans ! !) et pas aux cadeaux fiscaux faits aux
plus riches, ni aux pratiques frauduleuses des banques.

Plus que jamais, il faut une mobilisation
générale…
Seuls le refus de nous soumettre plus
longtemps aux injustices et la prise de
conscience des mensonges qui permettent
l’exploitation du salariat peuvent nous
permettre de sortir de la spirale de la
régression. A chaque étape de « la crise », la
nocivité du capitalisme est pire.
Les capitalistes ne lâchent et ne lâcheront rien
sans être pris à la gorge. Et ils
recommenceront tant qu’on ne leur aura pas
fait tout lâcher.


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