Revalo-pipeau : le retour !

mardi 6 avril 2010
par  SUD Education 92

Luc Chatel a annoncé dimanche 28 mars 2010 que 20 000 enseignants débutants (PE et certifié) vont bénéficier d’une revalorisation salariale de 159 euros en moyenne par mois (pour les agrégés 259 euros). À quoi s’ajoute pour 170 000 enseignants déjà en fonction, une augmentation de 660 euros nets en moyenne par an pendant 7 ans.

Sud Education a toujours rejeté le principe sarkozyste du « donnant-donnant », consistant à annoncer des augmentations de salaire contre la casse des statuts et la saignée des postes. La régression sociale ne se négocie pas. La « revalorisation » n’est qu’une arnaque en regard des régressions pédagogiques, de la dégradation des conditions de travail qu’induit la réforme de la formation des enseignants et toutes les réformes de Darcos-Chatel !

Cette pseudo revalorisation ne s’adresse qu’aux enseignants — à moins de 25% d’entre eux — et les autres catégories de personnels (vie scolaire, TOS, etc.) ne sont pas concernées, alors qu’ils auraient eux aussi besoin d’augmentation de salaires !

Par ailleurs ces augmentations n’en sont pas. Cette « revalorisation » sera largement annulée par la suppression de l’année de stage rémunérée, qui signifie aussi 2 semestres de cotisations en moins ! Du fait de l’entrée tardive dans le métier et le rallongement de la durée de cotisation, il deviendra impossible de partir en retraite avec une pension à taux plein.

Comment croire, enfin, à une volonté de « revaloriser » alors que dans le même temps le ministre annonce divers dispositifs visant tous à mettre la pression sur les personnels voire à les pousser vers la sortie : « un entretien systématique » consacré à la « mobilité professionnelle » pour « tous les professeurs après deux ans et ensuite après 15 ans de carrière »,mise en place sur internet d’« un portail unique » recensant « les postes à pourvoir hors Éducation nationale », dispositif de « formation-reconversion », destiné en particulier aux enseignants de la voie technologique qui vont sans doute faire les frais de la réforme des lycées...

SUD Éducation revendique :

- une augmentation de tous les salaires de 300 euros ;

- la titularisation de tous les personnels non-titulaires, sans conditions ;

- l’abrogation de toutes les réformes Darcos et Chatel ;

- le rétablissement de tous les postes supprimés, sauf celui de Xavier Darcos.

Revalo ?

Ce tour de passe-passe n’est pas sans rappeler le passage du statut d’instituteur à celui de professeur des écoles. Les instituteurs ont certes vu leur statut aligné sur celui de leurs collègues du secondaire et obtenu une revalorisation salariale. Mais ils ont perdu en échange :

- deux années de stage rémunérées ;

- le droit à un logement de fonction ou à un logement social dans la commune d’affectation ;

- le droit au départ en retraite à 55 ans, repoussé à 60 ans pour les PE.

Au final, ils y ont donc beaucoup perdu !