Retraite : « Au nom de l’équité » L’attrape-gogo !

lundi 29 mars 2010
par  SUD Education 92

Depuis 1993 on nous raconte la même histoire. L’allongement de l’espérance de vie induit une augmentation du nombre des retraités. Il faut par conséquent augmenter la durée des cotisations (on passe d’abord de 37,5 annuités à 40 puis à 42...on envisage les 45 ans) et baisser le niveau des pensions versées. Bref, la retraite à 60 ans c’est terminé !

Interroger, douter, objecter, ou envisager le problème autrement c’est immédiatement passer pour un mauvais élève, voir pour un simple crétin auquel il faut faire la leçon. Pourtant :

60 ans est-ce vraiment trop tôt pour profiter de sa retraite, lorsque l’espérance de vie en « bonne santé » – c’est-à-dire sans « incapacité majeure » – est estimée par L’INSEE qu’à 64,2 ans pour les femmes et 63,1 pour les hommes ?

Comment envisager encore d’allonger la durée des cotisations si on n’embauche pas avant 25 ans et qu’on licencie à 50 ou 55 ans ? La durée moyenne d’une carrière est déjà inférieure à 37 ans !

Comment envisager l’équilibre financier des régimes de retraites sans partager le travail pour faire reculer le chômage de masse, et sans s’attaquer à tous les revenus exonérés de cotisations ?

En réalité, ce n’est pas seulement le nombre de retraités qui augmentera mais aussi la richesse produite (PIB), même si la croissance reste modeste (en moyenne 1,7 % par an). Encore faut-il que cette richesse ne soit pas seulement captée par les profits, pour verser des dividendes aux actionnaires, mais qu’elle soit affectée au financement de nos retraites. Or c’est justement ce que refuse le capital, afin de préserver ses profits mais aussi pour pouvoir vendre ses fonds de pension.

De nouvelles attaques contre la retraite par répartition se préparent. Selon une stratégie politique rodée, Sarkozy veut faire passer la pilule en s’en prenant au régime des fonctionnaires : des nantis paresseux et budgétivores. « Au nom de l’équité », Woerth envisage ainsi de calculer le montant de nos pensions en prenant comme référence le salaire des 25 meilleures années, alors que le montant moyen des retraites est identique dans le privé et la fonction publique. Le tout, on le sait, permettant simplement d’éponger des baisses d’impôts, des exonérations ou des niches fiscales, qui favoriseront la spéculation financière.

Ça suffit : Dans la fonction publique comme dans le privé, battons nous pour augmenter le niveau des pensions et baisser le nombres d’annuités nécessaire pour une retraite à taux plein !

Partage du travail et des richesses !

SUD Education 92


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