Instituts médico-éducatifs (IME) : les oubliés du confinement

mercredi 7 avril 2021
par  SUD Education 92

Le président Macron a indiqué ce mercredi 31 mars que l’ensemble des établissements scolaires fermeraient leur porte à compter de la semaine du 5 avril. Il n’a pas manqué de préciser que les établissements médico-sociaux n’étaient pas concernés et maintenaient leur ouverture. Les jeunes scolarisé-e-s dans ces structures, précisément plus vulnérables que ceux et celles scolarisé-e-s en milieu ordinaire, ne seraient donc pas concerné-e-s par la circulation du virus. Les ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) sont pourtant fermées cette semaine. Et les IME (instituts médico-éducatifs) qui comprennent pourtant une unité l’enseignement avec scolarisation des jeunes usager-e-s ne le sont pas et les équipes pédagogiques sont sur le terrain, en plus du pôle éducatif.
A l’occasion du déconfinement du mois de mai 2020, certains IME ont fait preuve de vigilance en réduisant leurs effectifs et en proposant aux familles qui étaient en mesure de le faire de garder leur enfant à la maison. Certaines familles particulièrement apeurées par la circulation du virus ont d’ailleurs préféré la solution du distanciel pour finir l’année scolaire. Lors des mesures suivantes de confinement, les IME ont timidement proposé le même type d’alternative mais sans grande conviction.
Ce reconfinement et la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires annoncée mercredi dernier, à l’exception de ceux qui accueillent des jeunes en situation de handicap, n’a aucunement alerté nos IME qui poursuivent la scolarisation à temps plein de leur public, sans avoir envisagé à un seul moment une réduction de leurs effectifs en cette période critique de circulation active du virus. La raison est claire : les pertes budgétaires. En effet, ne négligeons pas qu’un prix journée est alloué par l’ARS ou la Sécurité sociale selon le cas pour chaque jeune présent-e sur site dans certains établissements médico-sociaux (dont les IME). L’absence d’un-e jeune pénalise donc les IME sur le plan budgétaire (dont la politique a déjà largement entamé le quotidien et le bien-être de ces structures avec des postes non reconduits ou des fusions entre budgets d’établissements).
Pour SUD Education 92, sacrifier la santé de ces jeunes personnes vulnérables et celle des équipes pédagogiques et éducatives qui les encadrent au nom d’une politique budgétaire n’est pas acceptable et renforce le sentiment de stigmatisation des jeunes scolarisé-e-s dans nos IME. Cela nous en dit long sur la politique inclusive promise par Macron quand les jeunes les plus fragiles sont exposé-e-s au virus pendant que les élèves inclus-e-s ou scolarisé-e-s en milieu ordinaire sont protégé-e-s.

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