Université : la loi LRU en sursis ?

Communiqué SUD-Etudiant et SUD-Education
lundi 12 novembre 2007
par  SUD Education 92

Alors que tout semblait bien ficelé (table-rondes, négociations tous azimuts, retours en arrière mesurés en mai/juin, vote de la loi dite LRU en août), les étudiant-e-s ont jeté un grain de sable dans le rouleau compresseur LRU.

13 universités sont en grève avec blocage. Certaines ont déjà été fermées administrativement ou évacuées par la police (Aix-en-Provence, Tolbiac, Nantes). Une cinquantaine d’universités organisent chaque semaine des AG massives où les étudiant-e-s et les personnels dénoncent la mise en place de la loi sur l’université dite LRU et exigent son abrogation : Toulouse, Rennes, Nantes, Tolbiac, Aix, Grenoble, Caen, Lille…

Les Fédérations Sud-éducation et Sud-étudiant appellent les personnels et les étudiant-e-s à s’engager avec détermination dans la lutte pour l’abrogation de la LRU.

En effet, nous estimons que cette loi condamne à terme le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, nous souhaitons donc réaffirmer la mission de service public que doivent porter les universités et organismes de recherche.

Le fonctionnement des universités n’était pas un modèle de démocratie, cette loi n’arrange rien. Nous revendiquons la démocratisation du fonctionnement de l’Université pour les personnels et les étudiant-e-s.

Nous rappelons aussi les risques de la LRU sur l’accessibilité de l’université à tou-te-s. En effet, l’augmentation des frais d’inscriptions fait partie intégrante de la logique de cette loi. Nous revendiquons donc la suppression des frais d’inscriptions et la gratuité des études supérieures.

Nous exigeons aussi des mesures d’urgence pour l’enseignement supérieur et la recherche :
- la réévaluation des critères de bourse et l’augmentation des aides sociales dans l’attente de la mise en place d’un salaire social pour les étudiant-e-s. des créations massives de postes pour l’université et la recherche publique avec maintien du CNRS
- la dissolution de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) sous contrôle politique, privant les enseignants/chercheurs d’une liberté de pensée et d’initiative.
- la revalorisation globale des carrières, l’abrogation du salaire au mérite et de l’évaluation/notation.
- la titularisation des milliers de précaires employés par les universités et les organismes de recherche.

Une deuxième coordination étudiante s’est tenue le 10 novembre à Rennes pour amplifier et structurer la mobilisation dans les universités.

Nous engageons les étudiant-e-s et l’ensemble des personnels à participer aux AG de lutte, à porter ces revendications et à se joindre aux mobilisations locales décidées démocratiquement.

Dans la continuité de notre appel à la grève et à la mobilisation le 20 novembre avec l’ensemble de la Fonction Publique, nous pensons que seules la jonction des luttes et l’unité la plus large des catégories sociales mobilisées peuvent permettre de mettre en crise la stratégie de Sarkozy, de son gouvernement et du MEDEF.

C’est la même politique qui se met en place de la maternelle à l’université, et dans l’ensemble de la fonction publique. C’est tous ensemble que nous gagnerons !

Fédération Sud-éducation, Fédération Sud-étudiant