1er mai de luttes : tout-e-s aux fenêtres et balcons pour faire entendre la voix de nos revendications !

Plus que jamais le 1er mai : communiqué unitaire
vendredi 1er mai 2020
par  SUD Education 92

Des idées d’action circulent pour ce 1er mai, outre les traditionnels chants/slogans/ Banderoles/pancartes à sa fenêtre, comme celle-ci, à Nanterre, que nous relayons :

"Pour fêter le premier mai, nous proposons d’aller déposer une pancarte sur la place du marché du centre-ville vendredi entre 10h et midi afin de créer une sorte de rassemblement de pancartes. Idée inspirée des actions de rassemblement de chaussures sur une place, pour le climat entre autres). Participeront des membres de l’association Femmes et Egalité, de la FI de Nanterre, des Gilets Jaunes de Nanterre, de SUD Education 92 et tou.te.s celles et ceux qui le veulent".

1er mai de lutte : tou-te-s aux fenêtres et balcons pour faire entendre la voix de nos revendications !

Depuis le 16 mars, nous vivons confiné-e-s chez nous, les enseignant-e-s travaillant majoritairement de chez eux et elles pour garder contact avec les élèves. Le gouvernement piétine, ment sur la nécessité de porter des masques, de procéder à des tests massifs, rate des commandes de masques (à ce jour les commandes affluent davantage pour le compte des entreprises privées que pour l’Etat, d’après Médiapart qui calcule qu’il faudrait 2 ans au rythme actuel pour que la totalité des masques nécessaires arrive).

Cette crise montre une fois de plus, s’il en était besoin, que ce sont les travailleur-se-s, de la santé, de l’éducation, des services et commerces, du secteur public en général et aussi du privé qui font tourner la société. Dans l’éducation, les ratés, les difficultés liées au travail à distance (du fait de l’impréparation du ministère et de la spécificité de notre secteur) ont mis à jour les inégalités criantes que les organisations syndicales et l’ensemble de la profession martèlent depuis bien trop longtemps.

Le gouvernement profite du confinement et de la suspensions des manifestations, des assemblées et des instances paritaires pour continuer sa politique de régressions sociales et ses attaques au code du travail (temps de travail, congés payés, etc.). Dans l’éducation, le gouvernement s’attaque au temps de travail et en augmente en proposant des stages en distanciel pour les élèves décrocheur-se-s pendant les vacances, en envisageant une reprise des cours en présentiel à partir du 11 mai pour une partie des élèves et des cours en distanciel pour les autres.

Les modalités de reprise progressive de l’école annoncées par Jean-Michel Blanquer le 21 avril sont dangereuses, car elles ne répondent pas aux demandes de l’ensemble des organisations syndicales et des organisations de parents d’élèves concernant la garantie de mesures de protections et de tests. Les mesures annoncées confirment l’anxiété des personnels et des parents d’élèves puisqu’elles fixent un calendrier de reprise dans une situation sanitaire de déconfinement qui sera critique. Le choix qu’il a opéré depuis le début pour la théorie de « l’immunité collective » (laisser une grande partie de la population, porteuse saine du virus, l’attraper afin que celui-ci s’éteigne de lui-même) paraît à nos yeux pour le moins irresponsable, comme l’est sa volonté de décider sans les acteur-rice-s de terrain des modalités de retour au travail, à rebours des préconisations de nombre d’expert-e-s.
Ce choix satisfait avant tout les demandes du MEDEF qui a besoin que les enfants soient accueilli-e-s dans les écoles pour que leurs parents reprennent le travail. C’est pourquoi ce 1er mai 2020 sera cette année aussi la journée de lutte des travailleur-se-s.

Notre organisation syndicale appelle l’ensemble des personnels de l’éducation à utiliser tous les moyens possibles pour être visibles, à sa fenêtre, à son balcon (photos, vidéos, pancartes, banderoles, slogans, chants) et à faire entendre la voix de leurs revendications pour, imposer un retour au travail avec les mesures de protection nécessaires.
Nous exigeons aussi la remise en cause de la carte scolaire décidée par la DASEN qui prévoit plus de 200 fermetures de classes, avec une dotation de 9 postes en moins pour la rentrée prochaine.

En outre, nous continuons à porter nos revendications pour l’abrogation de :
• la loi Blanquer, tant décriée et refusée par les personnels massivement en lutte à l’hiver-printemps 2019,
• la réforme du lycée général et du Bac Blanquer, mais aussi de la voie professionnelle,
• Parcoursup et la mise en place d’un accès massif à l’université pour tou-te-s les étudiant-e-s qui le souhaitent,
• la loi de transformation de la fonction publique d’août 2019,
• la contre-réforme des retraites contre laquelle nous avons été très mobilisé-e-s.

Nous exigeons :
• l’octroi de tous les examens (Bac, DNB, etc.),
• la suppression de la note d’assiduité.

Nous prenons au mot le président qui prétend vouloir des changements pour le monde d’après la pandémie. Nous rappelons que nous portons aussi et surtout des revendications positives pour plus de justice sociale, pour plus de démocratie et que nous lutterons, dès la fin de la pandémie, afin de les faire advenir au plus vite car il y a urgence de toutes parts.


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Plus que jamais le 1er mai : communiqué unitaire

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce premier mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.
Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié-es, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.
Évidemment ce sont d’abord l’ensemble des personnels de santé qui n’ont pas comptées leurs heures, leur dévouement. Ensuite il y a tous les salarié-es, souvent des femmes, du commerce, de l’agro-alimentaire, du paramédical du social, du nettoiement…, ainsi que tous-tes ces agent-es de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service publics, et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population.
Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère, et notre détermination à faire changer les choses.Nous porterons ce 1er mai 2020, bien que confiné-es, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité :

Car sacrifier la santé des travailleurs-euses n’est pas admissible
Si la « reprise » de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, (et pour d’autres plus pour remettre leur profit à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!

Car sacrifier les droits des travailleuses-eurs sur l’autel de l’économie n’est pas tolérable et ne pourra continuer quelle que soit la situation
Des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail ne sont pas légitimes et ne peuvent durer ! Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron, ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleurs-euses : ce sont de vraies revalorisations salariales du SMIC et des salaires en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !

Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité
Vacataires, intérimaires, intermittent-es, services civiques, la précarisation des travailleur-euses s’est multipliée ces dernières années, et la situation des chômeur-euses et étudiant-es a été dégradée, tout comme celle des sans-papiers aujourd’hui ignoré-es sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation, et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite pas points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.

De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l’égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures. Il faut permettre la suspension des loyers et des dépenses de toute l’énergie, une aide pour l’accès à internet et aux transports, car nous savons que si la crise sanitaire peut régresser, la situation économique et sociale va continuer à faire des dégâts.

Cette situation inédite, qui peut malheureusement perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : Un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système capitaliste !

Le 1er mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications, et par tous les moyens de les rendre visibles.
Même confiné-es, manifestons toutes et tous le 1er mai, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux(...) et donnons à cette journée une véritable force collective !

Le 1 er mai, soyons visibles, solidaires, déterminées. Nous ne paierons pas la crise générée par des choix politiques d’un système capitaliste mortifère.
Transformons le monde de demain en un monde vivable, de justice sociale, écologiste et féministe !


Documents joints

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