LA GREVE ET AUTRES FORMES DE LUTTE A L’HEURE DES GILETS JAUNES

Texte d’orientation - mai 2019
mardi 21 mai 2019
par  SUD Education 92

LA GREVE ET AUTRES FORMES DE LUTTE A L’HEURE DES GILETS JAUNES

A coup sûr le mouvement des Gilets jaunes est une irruption dans la vie sociale qui n’a pas fini de faire réfléchir, notamment les militant-e-s dans les syndicats.
En particulier, pour nous autres syndicalistes, les voies et formes de lutte des GJ ne peuvent pas ne pas remettre en question tout ou partie des hypothèses et même des certitudes que nous avions avant l’émergence de ce mouvement. Mais cette remise en cause est tout sauf unilatérale, et notamment du fait des évolutions du mouvement des GJ lui-même. Car après quelque trois mois de lutte, ce mouvement s’est transformé, et les GJ ont appris du réel, tout en continuant à réfléchir et à transformer les formes de leur combat en conséquence.

Gilets jaunes : l’impact initial sur le mouvement syndical

Avant le 17 novembre et immédiatement après cette date, l’impact initial des GJ sur le mouvement syndical était avant tout marqué par l’inquiétude et la défiance. Hormis une minorité de syndicalistes curieux-ses et/ou bienveillant-e-s, c’était l’incompréhension voire le rejet pur et simple qui prédominait. Les soutiens marqués de certaines figures politiques de la droite et de l’extrême-droite à cette révolte des ronds-points ont trop souvent conduit des syndicalistes à prendre leurs distances avec celle-ci et à ne pas percevoir sa nature de classe. On a pourtant vite été en mesure de saisir que ce qui était prédominant derrière la révolte contre la hausse des taxes sur le gazole, ce n’était ni le gazole ni la bagnole, mais la faiblesse des revenus et la baisse du pouvoir d’achat de la majorité de la France du travail, au seul profit d’une minorité de parasites argentés. Dans de nombreuses régions, dans des zones périurbaines, payer plus cher pour se déplacer quotidiennement, en particulier pour se rendre à son travail, était tout simplement impensable pour des millions de gens qui peinaient déjà à joindre les deux bouts. Cela a été l’étincelle d’un large embrasement social.

Caractéristiques du mouvement et formes de lutte

Au-delà même du motif immédiat de la révolte du 17 novembre, les caractéristiques générales et les formes de lutte choisies par les GJ étaient aussi de nature à désarçonner de nombreux-ses syndicalistes. En premier lieu, les symboles choisis par les GJ (Marseillaise, drapeau bleu-blanc-rouge) contribuaient à faire croire qu’il s’agissait d’un mouvement de droite, chauvin, nationaliste, voire raciste. Certes, des chauvins et des racistes en gilet jaune, on en trouvait et on en trouve encore. Mais rapidement, on a pu voir que ce n’était pas là la clé de compréhension de ce mouvement. Au lieu de cela, il est apparu qu’il s’agissait d’un mouvement révélant un profond mécontentement populaire, comptant certes des petits patrons – bien plus, proportionnellement, au début, d’ailleurs – mais composé de façon massivement prééminente par des couches prolétariennes, par des salarié-e-s et des retraité-e-s majoritairement très défavorisé-e-s. Mais ces couches prolétariennes qui entraient en rébellion provenaient surtout de secteurs travaillant dans des petites ou moyennes entreprises, non syndiqué-e-s, non organisé-e-s par le mouvement ouvrier traditionnel. D’où, en particulier, la discordance sur les symboles mentionnée plus haut.

En second lieu, l’extériorité totale du mouvement par rapport aux lieux de production et de travail (entreprises, administrations, etc.) et l’investissement de lieux transformés en lieux de lutte, de débat et de démocratie (routes ; ronds-points, où l’on voyait pousser des cabanes pour permettre des réunions et des échanges ; centres commerciaux ; dépôts pétroliers ; stations-service, etc.) ne manquait pas d’interpeller des syndicalistes pour qui la lutte à l’intérieur des boites était nécessairement considérée comme l’élément central – voire l’alpha et l’oméga – de toute lutte socialement émancipatrice, ou plus modestement de tout combat pour l’emploi, le pouvoir d’achat, etc. Et de fait, cela plaçait le mouvement des GJ en extériorité géographique par rapport aux lieux de lutte habituels des travailleur-se-s. L’absence du MEDEF et autres représentants du patronat parmi les cibles des GJ est un manque bien réel – à propos duquel des syndicalistes de lutte doivent intervenir – et qui contribue aussi à diluer l’essence anticapitaliste de ce mouvement. Quant aux formes de lutte adoptées, elles combinaient des blocages économiques (routes, ronds-points, centres commerciaux, dépôts de carburant, stations-service…) et la volonté d’être visibles et de faire masse (choix d’un « uniforme » particulier, rassemblements, manifestations, etc.).

Reculs partiels de la macronie

Après les premiers temps où la macronie ne savait comment réagir autrement que par la répression, où les bêtises et les calomnies des membres du gouvernement se combinaient avec le silence radio de Jupiter lui-même, le président a dû descendre de son piédestal, ravaler sa morgue et sa vanité, et présenter des excuses. Cela ne l’a d’ailleurs pas empêché de prendre une fois de plus les téléspectateur-rice-s pour des imbéciles, en cherchant en particulier à faire croire que c’était le SMIC qui allait augmenter de 100€. Néanmoins, la mine contrite et les quelques annonces présidentielles (recul sur la hausse des taxes sur les carburants, salaire minimum…) donnaient l’impression que le mouvement des GJ était parvenu à faire reculer le monarque élyséen, même si l’une des exigences phares, la démission du chef de l’Etat, ne semblait pas à portée de main dans l’immédiat. Or des reculs du pouvoir, cela faisait longtemps que l’on n’en avait pas vus. Beaucoup de travailleur-se-s en arrivaient donc à la conclusion que les GJ, avec leur détermination et leurs formes de lutte, étaient parvenus à faire peur au gouvernement et à le faire reculer, alors que pendant plus de dix années, les journées d’action et grèves appelées par les syndicats n’avaient aucunement été en mesure de bloquer des mauvais coups du pouvoir.

Dans les premiers jours de décembre, le roitelet de l’Elysée et son gouvernement semblaient particulièrement mal en point, menacés par un mouvement social imprévu et insaisissable, malgré les tentatives avortées du pouvoir de le doter de porte-paroles à l’échine assez souple pour lui faciliter la tâche. Macron et les siens se voyaient soutenus, le 6 décembre, par une déclaration intersyndicale d’une totale abjection.

La déclaration intersyndicale du 6 décembre  

Celle-ci est d’une ignominie absolue. Il s’agit d’une trahison de classe sans fard face à un mouvement des GJ qui, dans les faits, met en cause les méthodes et les résultats des directions syndicales. Toutes les organisations syndicales présentes à l’intersyndicale sauf Solidaires ont paraphé un texte qui salue « l’ouverture » du gouvernement, appelle les GJ à y répondre favorablement, et dénonce les violences, présentées comme étant uniquement le fait du mouvement social, et taisant honteusement les brutalités policières et la répression orchestrée par le pouvoir en général.

C’est peu de dire que cette déclaration intersyndicale représente une menace pour l’avenir du syndicalisme en France. Cette félonie appelle des réactions déterminées et cinglantes de la part de celles et ceux qui considèrent que le syndicalisme doit être totalement tourné vers la défense des travailleur-se-s et de leurs intérêts. En prenant fait et cause pour Macron et ses sbires, les directions syndicales majoritaires ont poignardé dans le dos un mouvement social d’essence populaire, au premier chef prolétarienne, mettant en avant des revendications sociales et démocratiques qui, pour l’essentiel sont aussi avancées par le mouvement syndical. Il est donc à craindre que, malgré les efforts des syndicalistes de terrain et leur volonté de se lier au mouvement des GJ, ce texte ignoble soit de nature à éloigner du syndicalisme bon nombre de GJ ou de leurs soutiens populaires, rendant encore plus ardue la tâche de celles et ceux qui continuent, au sein de diverses centrales syndicales, à organiser la lutte et la riposte aux mauvais coups. Or le syndicalisme n’a pas pour vocation d’élaborer lois et règlements avec la bourgeoisie, l’Etat et la hiérarchie mais doit les contester en actes, en pratiques, en idées. Il doit lutter contre le droit bourgeois, pour gagner de nouveaux droits, pour changer de société. IL s’agit de créer un rapport de force en faveur des travailleur-se-s. Il s’agit de lutter contre le capitalisme et de transformer la société, pour un société de justice sociale d’égalité et de solidarité.

Répression et criminalisation du mouvement.

Pour museler la contestation, le gouvernement n’hésite pas à procéder à des arrestations massives et parfois illégales (une enseignante en GAV pour une pancarte), à faire un usage illégal d’armes de guerre et à promulguer des lois anti-manifestant-e-s (“loi anti-casseurs”), à faire réapparaître les voltigeurs, bannis depuis l’assassinat de Malik Oussekine en 1986. Le mépris de classe assumé jusqu’à l’insulte et la diffamation (les GJ sont antisémites, “foule haineuse”, etc), relayé par les médias dominants ne peut qu’accentuer la fracture ; seule une mobilisation massive d’ensemble (une révolution sociale) pourra faire plier ce gouvernement.

Les enseignant-e-s et les Gilets jaunes

Dans notre secteur, nous avons assisté, dès la toute fin du mois de novembre, à un mouvement lycéen très réprimé par le pouvoir, et qui n’a pas fait l’objet, le plus souvent et malgré de belles exceptions, d’un soutien à la hauteur de la part de la majorité des enseignant-e-s. Ce mouvement lycéen, inégal dans ses formes et son intensité, inspiré sans nul doute par la combativité des GJ, s’opposait aux réformes du bac, du lycée général, technologique, professionnel, de Parcoursup, affirmant ainsi des refus et reprenant des critiques qui font pourtant globalement consensus dans le mouvement syndical enseignant, indépendamment des formes de luttes proposées – ou pas – par telle ou telle centrale.

Plus récemment est apparu le mouvement des Stylos rouges, lui aussi dans le sillage des GJ, et cela quels que soient les rapports variés que ses promoteur-rice-s entretiennent avec les GJ. Les Stylos rouges, présent-e-s dans le secondaire mais sans doute plus nombreux/ses dans le premier degré, expriment à la fois un ras-le-bol de la dégradation des conditions matérielles de vie (en particulier la faiblesse des rémunérations – ce qui est tout à fait bienvenu) et de travail des enseignant-e-s, le refus des contre-réformes menées par Blanquer, et sans doute aussi la volonté de renouveler les formes d’action de la protestation et de la lutte contre les attaques subies par la profession enseignante. Le rôle dévolu aux réseaux sociaux fait d’ailleurs partie de l’arsenal de moyens mis en œuvre, directement inspirés par le mouvement des GJ. De manière majoritaire, les Stylos rouges se démarquent des pratiques syndicales traditionnelles, en particulier de la grève comme moyen d’action, et proposent d’autres modes de refus : rétention des notes, 20/20 pour toutes les copies, refus de tâches administratives, démission des fonctions de coordination ou de professeur-e principal-e, etc.

Dans le premier degré, nous avons vu un collectif d’enseignant-e-s remplaçant-e-s s’auto-organiser pour la défense de leur statut sans attendre les syndicats représentatifs qui étaient à la traîne (et dont certains ne voulaient pas participer à la mobilisation car elle venait de la base) et faire reculer la DASEN sur certains points avec seulement une journée de grève. Leurs modalités d’actions qui par la suite ont consisté en divers courriers adressés à la hiérarchie, pétitions et motions votées dans les conseils d’école, n’ont cependant pas permis d’obtenir l’abandon de la fusion des ZIL et Brigades sur le 92, ce qui aurait sans doute été possible avec plusieurs journées de grève consécutives.

Quelles formes de lutte aujourd’hui ?

Même si de nombreux-ses collègues enseignant-e-s aussi bien du premier que du second degré ne se reconnaissent pas dans le mouvement des GJ, voire tiennent à marquer leurs distances avec celui-ci, il semblerait donc qu’une bonne partie de ces collègues se détournent des journées d’action et de grève voulues par les centrales syndicales. Plus encore – et c’est beaucoup plus fâcheux – c’est la grève en elle-même, et pas seulement la stratégie adoptée pour conduire des grèves victorieuses, qui est remise en cause par une partie de la profession enseignante. 

Cet état de fait mérite l’attention des syndicalistes de combat que nous sommes. Il nous faut à la fois saisir le pourquoi et le comment de cette attitude face à la grève et des choix de moyens d’action, et savoir s’adapter à ces changements tout en gardant le cap.

Il faut d’abord noter que l’aversion pour la grève, telle que nous pouvons souvent la noter auprès de collègues, ne fait généralement pas de distinction selon le type de grève menée et la stratégie mise en avant. Il s’agit d’une sorte de bilan global tiré par certain-e-s, selon lequel toutes les journées de grève cumulées des années passées ont fait un trou dans le porte-monnaie, sans pour autant faire reculer les attaques des ministres successif-ve-s de l’Education. Cela vient à un moment où, comme nous l’évoquions plus haut, les GJ apparaissent comme ayant réussi à davantage faire reculer Macron et son gouvernement que toutes les journées de grèves de l’Education, ou de la Fonction publique etc., pendant des années. Par conséquent une bonne partie de nos collègues parviennent à la conclusion que la grève coûte cher mais ne rapporte rien. Ce qui est intéressant à relever, c’est le fait que, précisément au même moment, une fraction des GJ parvient à la conclusion que leur mouvement, sans renoncer à ses formes propres, doit s’articuler avec une grève générale. En effet, tant une figure du mouvement comme Eric Drouet, que les GJ de Rouen, ou que l’Assemblée des Assemblées réunie à Commercy les 26 et 27 janvier appelaient à une grève générale illimitée à partir du 5 février. Une partie des GJ, à cette occasion, voulait se saisir de la journée de grève « carrée » de 24 heures décidée par la direction confédérale CGT, pour en faire le début d’une lutte de masse prolongée présente aussi dans les entreprises. Mais la faible participation à la grève le 5 et la non-reconduction les jours suivants, hormis dans de rares secteurs (quelques lycées d’Ile de France en particulier) montrent – ou plutôt confirment – qu’il ne suffit pas d’appeler à une grève générale illimitée pour que celle-ci se développe effectivement. Le problème à résoudre est celui de la construction d’un tel mouvement, ce qui n’implique rien de moins qu’une patiente construction sur le terrain, et la construction d’un courant alternatif, démocratique et de lutte aux directions confédérales et en particulier à celle de la CGT. Or à ce niveau, les GJ malgré leur enracinement populaire et le soutien dont ils disposent dans la population, ne sont pas en mesure de construire une grève, vu précisément leur extériorité aux entreprises et au mouvement syndical. 

Le regroupement de structures syndicales – et autres – de combat dans un pôle type « Front Social » mais sur une base nettement élargie et en veillant à y imprimer un fonctionnement démocratique et à éviter l’étiolement et la prise de pouvoir groupusculaire, reste donc bien une voie à explorer et à développer, malgré l’échec du Front Social, qui s’est révélé patent dès avant la fin 2017. L’implication de structures syndicales autour du mouvement des GJ pourrait être l’occasion d’une tentative de regroupement visant à contester l’autorité des bureaucraties syndicales félonnes et à prendre des initiatives bénéficiant d’un certain écho. Il faut être attentif-ve-s à toutes les ouvertures dans ce sens, et chercher à convaincre notre fédération d’agir en ce sens. Cela implique notamment d’observer les évolutions au sein de la CGT et notamment de la colère que l’attitude confédérale vis-à-vis des GJ a généré au sein de la centrale. Et il faudrait aussi, bien sûr, s’appuyer sur l’attitude nettement plus positive de Solidaires dans ce domaine pour tenter d’avancer vers le regroupement d’un tel pôle syndical combatif. Tel est le cadre général, au niveau interprofessionnel, que nous devons chercher à construire, en étant à l’écoute de ce qui se passe et en se saisissant de toute opportunité en ce sens. 

NOS AXES DE BATAILLE

  • Nous devons également définir, ou plutôt redéfinir notre stratégie pour les luttes et expliciter en particulier les formes et la place de la grève dans l’Education Nationale, dans le contexte complexe que nous connaissons aujourd’hui.
  • Nous mettrons en avant la question des violences et de la répression policière et judiciaire en nous opposant à des lois du type “loi anti-casseurs” et en alertant les travailleur-se-s par tous les biais sur ces questions
  • Pour mener la contre-offensive, SUD Education 92 refuse d’opposer des formes d’action les unes aux autres et se solidarise de toutes les formes de résistances qui participent à contrer le capitalisme ou qui sont porteuses de potentialités subversives
  • Tout en accompagnant les collègues qui veulent pour l’instant s’en tenir à des actions moins coûteuses que la grève, et en participant avec elles-eux à des opérations de type 20/20 pour tout le monde, rétention des notes de bac blanc, démission des fonctions de prof principal-e, etc. nous continuons à défendre l’idée que la grève, une vraie grève gérée par les grévistes eux/elles-mêmes est la forme la plus efficace de lutte contre les attaques du gouvernement.
  • L’objectif reste de construire une grève massive reconductible dans l’Education nationale. Cela ne s’oppose en aucun cas à la perspective de grève interprofessionnelle, mais il s’agit ici de rappeler ce qui nous semble la stratégie la plus à même d’améliorer les conditions de travail et d’études dans notre secteur et de faire capoter les projets et mesures de Blanquer.
  • Nous devons continuer à viser la constitution de collectifs pour la défense du droit à l’éducation pour toutes et tous. Il s’agit d’associer dans l’action, en vue de jeter les bases d’une grève de masse, des enseignant-e-s de la maternelle à l’université, des lycéen-ne-s, des étudiant-e-s et des parents.
  • Pour cela nous devons partir des réseaux qui ont pu se constituer en ce sens pendant ces dernières années, au besoin les réactiver, et chercher le soutien le plus massif possible des parents d’élèves. Et pour cela, ne pas craindre d’aller nous adresser à ceux-celles-ci dans les quartiers, dans les associations, etc. L’expérience prouve que lorsqu’on parvient à expliquer les enjeux réels aux parents, ces derniers sont très enclins à faire bloc avec les enseignant-e-s mobilisé-e-s.
  • Nous devons aussi nous appuyer sur des expériences plus récentes, comme les collectifs contre les réformes Blanquer et contre Parcoursup (regroupant collègues syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s et parents d’élèves), dont le nombre et les activités se développent depuis quelques mois. Construire ces collectifs dans les établissements est une tâche à laquelle nous pouvons et nous devons nous atteler.
  • Même si la maturation de la situation est très variable selon les établissements et les lieux géographiques, au sein de ces collectifs et d’autres structures d’auto-organisation, nous devons insister sur le contrôle de la lutte par les acteur-rice-s de la communauté éducative eux-elles-mêmes. Cela ne s’oppose pas à ce que des exigences de lutte soient exprimées vis-à-vis des structures syndicales, mais cela ne peut au contraire que donner plus de forces à ces exigences, et à renforcer la pression sur les organisations bureaucratiques.

Tels sont les axes que nous portons à Sud Education 92. Nous continuerons à vouloir les partager au sein de la Fédération SUD éducation, qui doit être un levier pour construire la mobilisation d’ensemble, nationale et prolongée qui fait si cruellement défaut. 

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