Greve du bac et du brevet : l’effervescence

Plus de 126 000 notes retenues, des jurys solidaires des grévistes, un ministre qui fait n’importe quoi
vendredi 5 juillet 2019
par  SUD Education 92

SUD éducation apporte son soutien aux jurys solidaires des grévistes : le ministère incapable de publier les résultats du baccalauréat.

Communiqué de SUD éducation

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Hier soir à la télévision, le ministre Blanquer a adopté un ton martial pour menacer les personnels engagés dans la grève des corrections du brevet et les rétentions de notes du baccalauréat. Il tente par tous les moyens de minimiser l’impact de la grève, et se trouve confronté à son efficacité.

Fidèle à son habitude, le ministre continue de croire que des déclarations à la presse vaudraient une instruction officielle. C’est ainsi que les consignes qu’il donne ont été relayées parfois oralement par des chef-fe-s de centre, parfois sur des feuilles sans en-tête ni signature sans aucun caractère officiel.

Les personnels convoqués dans les jurys sont

– soit en grève ;
– soit siègent mais adoptent des motions indiquant qu’il leur est impossible de délibérer au vu des manques de notes pour les candidates et les candidats ;
– soit acceptent de délibérer uniquement pour les candidat-e-s qui auraient toutes leurs notes.

Les motions en ce sens adoptées par les jurys se multiplient.

Les personnels sont solidaires des grévistes qui retiennent les copies, et en tant que membres d’un jury souverain aux termes du code de l’éducation leur refus de se conformer au caprice d’un ministre est légitime et légal.

Les dysfonctionnements se multiplient : certains rectorats procèdent à une saisie de notes fantaisistes, les chef-fe-s de centre exercent des pressions inadmissibles sur les membres des jurys.

Il est d’ores et déjà certain que le ministère ne sera pas en mesure de publier ce soir les résultats comme escompté.

SUD éducation soutient pleinement les grévistes engagé-e-s dans les rétentions des notes, et les membres des jurys qui refusent de se livrer à la farce ministérielle.

Adresse de SUD aux élèves et à leurs parents :

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À l’approche d’une grève des corrections du DNB et de la rétention des notes des épreuves écrites du baccalauréat, des rumeurs circulent sur un arrêt du Conseil d’État qui permettrait à l’administration de prélever le salaire des grévistes durant toutes les vacances scolaires.

Il s’agit de l’arrêt du 7 juillet 1978, dit arrêt “Omont”. Cette décision de justice indique simplement que l’administration a la possibilité de prélever un trentième chaque journée durant laquelle un personnel n’a pas de service à accomplir entre deux jours durant lesquels il fait grève.

Est-ce que cela signifie que l’administration peut retirer quatre trentièmes de mon salaire si je fais grève vendredi et lundi ?

Oui. L’administration a cette possibilité, ce qui ne signifie pas qu’elle est obligée de procéder à un tel retrait.

Est-ce que cela signifie que si je suis en grève jusqu’aux vacances, l’administration prélèvera un trentième de mon salaire chaque jour jusqu’à la rentrée ?

Évidemment pas ! Pour cela, il faudrait être en grève le premier jour de la reprise (durant la prérentrée). Et de toute façon, le Conseil d’État lui-même l’indique dans un arrêt du 27 juin 2008 que “que l’application des règles de décompte des retenues sur le traitement mensuel de l’agent en grève ne saurait porter atteinte à son droit au congé annuel lorsque cet agent a été au préalable autorisé par le chef de service à prendre ses congés au cours d’une période déterminée”. Par conséquent, il ne saurait être question d’un retrait de salaire durant les vacances d’été.


Communiqué intersyndical du 20 juin : on y est, on y reste le 27 juin !

Après la forte mobilisation du 17 juin, les assemblées générales ont décidé de la poursuite des actions sous diverses formes (reconduction de la grève des surveillances, rétentions des notes du baccalauréat, refus collectifs de la fonction de professeur principal pour l’année prochaine…). Les organisations syndicales représentatives du public et du privé, de l’enseignement agricole ainsi que les Stylos rouges, la Chaîne des Bahuts soutiennent ces mouvements.

Elles continuent d’appeler les personnels à se réunir en assemblées générales pour décider collectivement des modalités d’action,pour :
• une revalorisation significative des rémunérations ;
• le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;
• le retrait de la loi Blanquer et du projet de loi « Fonction publique » ;
• des créations et non des suppressions de postes (36 000 élèves en plus, 2650 postes en moins à la rentrée prochaine dans le Second degré).

Des préavis de grève sont déposés à cet effet sur toute la période des examens et concours.

Elles appellent à faire du jeudi 27 juin un nouveau temps fort par la grève des surveillance du brevet des collèges et la participation aux rassemblements. Cette journée d’action s’inscrira en convergence de la journée interfédérale contre la loi Fonction publique et pour la revalorisation des salaires.

Paris, jeudi 20 juin 2019

Communiqué FSU (SNES, SNEP, SNUEP, SNETAP), CGT (Educ’Action, agri, enseignement privé), Solidaires (SUD éducation, SUD rural-territoires, Sundep), SNALC, CNT, SYNEP-CFE-CGC, Snec-CFTC
avec le soutien des Stylos rouges, de la Chaîne des Bahuts et de l’APSES


Communiqué de SUD Education sur la reconduction :

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(voir en entier ci-dessus)

C’est pourquoi, dès à présent :
- SUD éducation appelle les personnels à reconduire la grève dès demain
- SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à rejoindre et à étendre la mobilisation, en organisant des Assemblées générales et en votant la grève et sa reconduction
- SUD éducation appelle les personnels à poursuivre dans le cadre le plus collectif possible la grève des examens pour toutes les surveillances, des baccalauréats et du DNB, des corrections sur site, des oraux et des convocations de jury


Le communiqué intersyndical de ce jour, que SUD éducation a signé, doit être à ce titre un point d’appui pour la reconduction et l’extension de la grève.


Bilan du 17 juin  :

Les taux de grévistes étaient globalement très intéressants dans toute l’ile de France et sur le 92 il y a des mobilisations assez importantes(Maupassant à Colombes, Albert-Camus à Bois-Colombes ou Michelet à Vanves notamment). A Maupassant la grève était même majoritaire (40 grévistes sur les 70 convoqués).

Le rassemblement était fourni (plus de 2000 personnes), et l’AG du soir a connu une affluence inédite : 125 établissements, plus de 220 personnes.

Voici ce qui a été décidé
1) Reconduction de la grève pour demain (a l’instar de Toulouse, Grenoble, Lyon, Marseille, etc.) avec piquets de grève
2) Tournée d’établissement et/ou de services d’urgences
3) Manif 15h Necker - ministère
4) AG à 17h30


Appel de l’AG Educ IDF :

1) « L’AG Éducation Île-de-France interdegrés qui s’est réunie ce jour appelle à reconduire le mouvement de grève pendant la période des examens (Bac, Bac pro, Brevet), et appelle à un nouveau temps fort de grève ce jeudi 20 juin, avec manifestation commune à l’Île-de-France et AG le soir. »

(Unanimité moins 2 abstentions et 1 NPPV.)

L’AG a mandaté quelques collègues pour déposer le parcours de manifestation et réserver la salle. Nous vous tiendrons informé-e-s dès que nous aurons confirmation pour la manif et pour l’AG.

2) « L’AG Éducation Île-de-France salue la grève majoritaire des corrections de BEP en Seine-Saint-Denis, et les décisions des AG ayant lieu à l’occasion des réunions d’entente de philosophie d’Île-de-France (non-retrait reconductible des copies à Versailles, rétention des notes à Créteil, et appel à toutes les disciplines à agir sur les opérations de Bac à Paris).

L’AG Éducation IDF appelle à suivre leur exemple et à étendre notre mouvement à des actions sur les opérations du Bac dans toutes les disciplines (non-retrait des copies, rétention des notes, action sur les jurys et la notation, etc.). À cet effet, l’AG Éducation IDF appelle :

· à des piquets de grève lors des corrections du Bac pro (24-25 juin), à l’exemple des corrections de BEP en Seine-Saint-Denis

· à une AG interdisciplinaire des correcteurs et correctrices d’Île-de-France le lundi 24 juin à partir de 18h à Paris (salle en cours de réservation), pour discuter et décider de nos actions sur les opérations du Bac (corrections, notation, jurys, etc.). La réussite de cette AG nécessite les efforts de toutes et de tous pour mobiliser nos réseaux personnels, les syndicats et les associations disciplinaires à tous leurs niveaux. »

N’hésitez pas à diffuser cette information au plus vite, sans attendre la
confirmation du lieu de l’AG, qui vous sera communiqué dès que possible !

La date et l’heure précises de cette AG ont donné lieu à une discussion minutieuse, et la date du lundi 24 juin à partir de 18h a été choisie afin d’inclure les collègues de lycée pro qui seront en grève de correction ce jour et les collègues de lycée GT de toutes les disciplines (notamment ceux de lettres, avec leurs épreuves anticipées de français, etc.), et pour se laisser un délai raisonnable pour assurer le succès de cette AG (communication vers les syndicats et associations disciplinaires, travail sur le cadrage juridique, etc.).


Paris, 17 juin 2019

Parents d’enfants scolarisés dans des établissements publics parisiens – élus ou non dans les conseils d’écoles ou conseils d’administration des collèges et lycées, regroupés ou non en associations – nous souhaitons réaffirmer, comme nous l’avons fait à maintes reprises et sous diverses formes, depuis plusieurs mois, notre opposition au projet de loi « Pour une école de la confiance ».

Depuis l’adoption de ce texte en première lecture par l’Assemblée nationale, les actions des parents d’élèves se sont en effet multipliées : distributions de tracts, rassemblements, défilés, manifestations, occupations, réunions, assemblées générales, réalisations d’affiches et de banderoles visibles sur les façades des établissements... De nombreuses opérations « écoles et collèges déserts » ont été menées au cours desquelles les taux d’absence des enfants ont oscillé entre 50 et 80% dans les écoles maternelles et élémentaires et dépassé les 90% dans les collèges : ces chiffres, à eux seuls, donnent la mesure du rejet massif de cette loi par les parents d’élèves.

Au cours de ces mois de mobilisation, les différents points de vue échangés en assemblées ou sous forme d’écrits convergent immanquablement vers le même constat : ce texte constitue une atteinte d’une gravité inédite aux principes fondamentaux qui structurent l’éducation publique. Le premier est celui d’une enseignement qui soit le mêmes pour tous, seul garant d’une égalité de traitement, quels que soient les territoires et les milieux sociaux dont les élèves sont issus. On nous rétorque que la société est de fait profondément inégalitaire : raison de plus pour ne pas creuser davantage les inégalités au sein du système éducatif par une mise en concurrence des établissements, doublée d’une mise en compétition sans cesse accrue des enfants et adolescents (création d’étalissement ultra-sélectifs et multiplication des évaluations dès la maternelle, mise en place de plateformes organisant le tri et l’exclusion sous couvert d’orientation à l’issue du collège et du lycée, etc.). L’éducation que nous souhaitons pour nos enfants n’a pas pour finalité de produire efficacement des « compétences » quantifiables pour le marché du travail, mais de former des citoyens, d’éveiller leur conscience critique. La concurrence ne doit pas tenir lieu de politique éducative : cette orientation constitue une entorse criante au principe constitutionnel d’égalité entre les humains, gravé au frontispice de nos établissements.

De nombreux aspects de la loi (mutualisation des services et des personnels, mise en situation professionnelle de personnels peu qualifiés et précarisés, inclusion et absence de traitement spécifique pour les élèves en situation de handicap...) concourent à une diminution des moyens financiers et humains préoccupante, dont on conçoit mal qu’elle puisse concourir en quoi que ce soit à améliorer les conditions d’enseignement alors que de nombreux établissements sont au bord de la rupture (faire plus et mieux avec toujours moins...).

Réunis en commission paritaire le 13 juin, les députés et sénateurs se sont accordés sur un texte très légèrement remanié qui ne modifie en rien l’esprit de la loi. Le maintien du rappel du devoir d’exemplarité à l’article1, largement dénoncé comme contrevenant à la liberté d’opinion, sonne bien plutôt comme une menace ...

Pour toute réponse, face à cette mobilisation inédite des parents d’élèves et de l’ensemble de la communauté éducative, Jean Michel Blanquer s’est déclaré, le 31 mai dernier, « serein », autant dire sourd et aveugle. Parents d’élèves mobilisés à Paris pour la défense de l’enseignement public, nous soutenons l’appel à la grève des examens lancé par la quasi-totalité des syndicats enseignants le 6 juin dernier, relayé par les principales organisations lycéennes.

Paris - Collectif de parents d’élèves mobilisés contre la Loi Blanquer


Documents joints

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