PPCR : on peut refuser !

mercredi 2 janvier 2019
par  SUD Education 92

PPCR : POURQUOI ET COMMENT RESISTER ?

Les enseignant-e-s du premier et du second degré subissent désormais leurs « rendez-vous de carrière ». Ces nouvelles modalités d’évaluation des enseignant-e-s sont la déclinaison dans l’éducation nationale du PPCR, “Parcours professionnels, carrières et rémunération”. Précisons que l’Union syndicale Solidaires (à laquelle appartient SUD Éducation) avait dès le départ dénoncé cette réforme et voté contre en septembre 2015, à l’inverse notamment de la FSU, de l’UNSA et de la CFDT, qui ont voté pour. Les modalités d’évaluation nous prouvent que nous avions raison.

PETITS RAPPELS :

3 rendez-vous de carrière sont prévus.
Au 6e et au 8e échelons, les personnels sont sensés pouvoir bénéficier du gain d’un an dans la durée de l’échelon. Au 9e échelon, ils pourraient obtenir un passage anticipé à la hors-classe.
Sont concerné-e-s les enseignant-e-s du premier comme du second degré, les CPE et les PsyEN.
Le passage à la classe exceptionnelle ne s’adresse d’ores et déjà qu’à une infime partie des collègues ( 0%).

La personne concernée doit recevoir sur sa messagerie professionnelle avant la fin de l’année scolaire précédente un message l’informant qu’elle va faire l’objet d’un rendez-vous de carrière. Puis un nouveau message lui notifiera la date du rendez-vous et ceci au moins un mois avant.

Point important : le ministère conseille aux personnels de préparer en amont leur entretien, à l’aide d’un “document de référence de l’entretien”.

Après l’observation (Inspection ?) dans la classe et l’entretien professionnel avec l’IEN, celui/celle-ci remplit un compte-rendu du rendez-vous de carrière.
Après réception, l’enseignant-e dispose de 3 semaines pour y apporter des observations.
Enfin, sur décision de la DASEN, 30% des promouvables pourraient bénéficier de l’accélération de carrière.
Ce résultat final connu en septembre de l’année suivante peut-être contesté dans les 30 jours. Il est alors possible de saisir une commission de révision d’appréciation.


LE POINT DE VUE DE SUD :

L’évaluation sous la forme d’une inspection que nous avons connue jusque là n’était déjà pas satisfaisante à nos yeux.
Mais désormais s’y ajoute une démarche d’auto-évaluation à travers le “document de référence de l’entretien” qu’il est conseillé de remplir en amont.

Ce document n’est pas anodin puisqu’il y est question de compétences très générales avec des aspects comportementaux et relationnels, laissant libre cours à une appréciation très personnelle selon les IEN.

Ce document, par ailleurs, fait entrer les personnels de l’éducation nationale dans les pratiques managériales qui ont déjà cours dans le secteur privé.
En effet, cette démarche d’auto-évaluation a pour objectif d’inciter les personnels à se plier aux exigences de la hiérarchie et à mettre en avant leur capacité à s’adapter à ces exigences.

Il s’agit enfin d’un exercice humiliant d’auto-flagellation, les personnels devant mettre en avant leurs erreurs et les façons d’y remédier !

Et si cet exercice n’est pas obligatoire, ne pas s’y livrer serait certainement rédhibitoire.

RÉSISTER :

L’Inspection s’est toujours avérée un outil de contrôle de la hiérarchie,visant à réduire la liberté pédagogique et mettant en concurrence les collègues.
Dans le contexte actuel, c’est plus que jamais le cas.

Il est possible de refuser cette évaluation : aucun texte ne nous oblige à l’accepter.
Certes, on choisit de n’avancer qu’à l’ancienneté mais accepter le rendez-vous de carrière ne permettra qu’à 30% d’entre nous d’avancer plus vite, même si le rapport est bon !

Pour signifier son refus, il suffit de faire un courrier à l’IEN par mail ou en recommandé-accusé de réception, pour garder une trace.

Sud Education 92 soutient les collègues refusant les rendez-vous de carrière : contactez-nous !

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