Colère noire, gilets jaunes, drapeaux rouges !

Communiqué de nos copain.es de SUD Educ’ Limousin
mardi 11 décembre 2018
par  SUD Education 92

Presque 300 000 gilets jaunes, plus de 400 blessés, une manifestante tuée, 282 personnes interpellées, le tout sur environ 2000 points de blocages et le ministre de l’Intérieur qui lance un appel au calme en début de soirée. Qui s’aviserait encore d’affirmer qu’il ne s’est rien passé ce samedi 17 novembre ?

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Pour notre part, nous nous réjouissons qu’un vent de révolte autonome et incontrôlable se lève enfin dans le pays, car il nous paraît pouvoir être enfin un souffle d’espoir à la hauteur du cataclysme social actuel, orchestré depuis trop longtemps par la classe dirigeante. Loin des manifestations pantouflardes et inutiles pilotées par les syndicats majoritaires et dont chacun.e a désormais soupé.

Pour autant, nous constatons que la colère noire qui semble émerger rassemble des manifestant.e.s dont les horizons politiques peuvent diverger du tout au tout. Il nous apparaît donc que cet affrontement nécessaire avec les pouvoirs en place doit également engendrer parmi les manifestant.e.s rencontres, discussions et confrontations des points de vues afin de dessiner ensemble ce vers quoi nous souhaitons aller, ce pour quoi nous sommes prêt.e.s à nous battre collectivement.
Notre drapeau à nous est rouge car nous sommes rassemblé.e.s autour d’un combat pour l’égalité de tou.te.s, contre tous les systèmes de domination des un.e.s sur les autres ( et donc contre toute hiérarchie ). L’autogestion est donc notre maître mot : nous ne souhaitons pas discuter avec la classe dirigeante, nous ambitionnons sa disparition car nous faisons le pari que le peuple est capable de s’auto-organiser, pour peu qu’il s’en donne les moyens et qu’il porte un projet de progrès social ambitieux.

A l’heure où la France compte plus de 8 millions de chômeurs, la discontinuité du travail est devenue la règle. Les prochaines générations sont, dans l’état actuel des choses, condamnées à vivre des périodes de chômage récurrentes. La précarité se développe jour après jour. La loi « Travaille ! », promulguée de force à l’été 2016, est venue parachever le tableau : elle est un recul sans précédent concernant la protection sociale des travailleuses et des travailleurs. Chacun.e sait que le taux de chômage, dans les conditions actuelles, ne baissera plus.

La Sécurité Sociale est donc à n’en pas douter le projet émancipateur et révolutionnaire derrière lequel nous devons nous regrouper. C’est une question de volonté politique qui doit être portée collectivement. Ce qui a été mis en place pour le secteur de la santé doit aujourd’hui être étendu à d’autres domaines. Bénéficier d’une sécurité sociale doit aujourd’hui signifier bien d’autres choses qu’un accès gratuit aux soins de qualité : l’accès à l’eau potable, à l’énergie, au logement, à l’éducation des enfants… peuvent ainsi constituer autant de garanties sociales pour chacun.e.
Cette perspective nous semble être en mesure de réunir aujourd’hui toutes les forces progressistes du pays, afin qu’un mouvement social d’une ampleur colossale puisse naître dans son sillon.

Bloquer l’économie, organiser des grèves durables et reconductibles, mettre en œuvre des formes de désobéissance et faire vivre d’autres modèles de société restent les leviers principaux que nous pouvons actionner ensemble, parce que ces moyens d’actions présentent l’immense avantage de mettre un coup d’arrêt immédiat au déploiement de la logique capitaliste à laquelle nous continuons souvent à contribuer dans le cas contraire.

Il est aujourd’hui de notre responsabilité de préparer ainsi des lendemains meilleurs pour les générations futures, et il nous faut nous mettre ensemble en route sur le chemin de l’émancipation collective !

Colère noire, gilets jaunes, drapeaux rouges !