Elèves à besoins éducatifs particuliers VS Profs à besoins de formations particulières

lundi 7 septembre 2015
par  SUD Education 92

Depuis la mise en place de la loi de 2005 concernant notamment la scolarisation des élèves en situations de handicap, nous accueillons dans nos classes chaque année de plus en plus d’élèves dits « à besoins éducatifs particuliers ». On évalue environ à 20000 le nombre d’enfants porteurs de handicap non scolarisés en France, faute de réponses, structures adaptées pour ces enfants et leurs familles.

Certes, le ministère communique sur des statistiques alléchantes : 258710 enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2014 (+45% en primaire depuis 2006) ; 109000 enfants aidés par 69000 accompagnant-es ; triplement du budget réservé à la scolarisation de ces élèves entre 2005 et 2014 (2.4% du budget du ministère)…

Mais ces chiffres cachent une réalité sur le terrain qui est tout autre :

- de nombreux enfants non scolarisés, faute de structure adaptée,

- des démarches administratives de plus en plus longues (diagnostiques des troubles des élèves, notifications MDPH, attente des recrutements des AVS-i/co/mutualisé-es…)

- des accompagnant-es précaires, souvent non formé-es : sur 69000 personnels, seulement 4700 AESH en CDI, 41000 en contrats aidés (CUI-CAE) !

Mais quels sont les moyens réels mis en place pour garantir la réussite scolaire de ces élèves ?

Des RASED décimés depuis des années

Des enseignant-es des classes dites « banales » ne sont pas formé-es à l’accueil des élèves « à besoins éducatifs particuliers ».

Des enseignant-es non formé-es en postes sur des postes ASH

Des départs en formation ASH toujours trop peu nombreux face aux besoins

SUD Education dénonce depuis des années les conditions, parfois indignes, de scolarisation de tous ces élèves.

Il faut construire une école capable de prendre en charge la diversité des besoins des élèves. Cela nécessite des engagements en termes de formation initiale et continue, des moyens supplémentaires et la réduction des effectifs par classe.

SUD éducation affirme que tous les élèves ont le droit d’être pris en charge par des personnels formés et qualifiés, dans le respect des choix des familles et de la notification de la MDPH. La stabilité des équipes est une condition nécessaire au bien-être et à la réussite des élèves.

Pour une école de l’égalité des droits, SUD Education revendique :

- Une amélioration des conditions de travail et de la formation des enseignant-e-s spécialisé-e-s, des PLP et des PCL intervenant en SEGPA. Il faut notamment mettre fin à l’inégalité que subissent les PE en SEGPA en alignant leur obligation de service sur celle des certifié-e-s, à 18h. Il faut arrêter d’envoyer des PE non spécialisés contre leur volonté dans l’ASH.

- Le refus de la dilution des SEGPA dans un dispositif d’inclusion flou et forcément inefficace dans les conditions actuelles de scolarisation au collège.

- La réduction des effectifs par classe,

- La titularisation des accompagnant-e-s des élèves en situation de handicaps sans condition de concours ni de nationalité.