Réforme du collège : notre colère n’engraissera pas les réactionnaires !

vendredi 15 mai 2015
par  SUD Education 92

Sud Éducation réaffirme son opposition à la réforme du Collège adoptée le 10 avril dernier par le Conseil Supérieur de l ’Éducation. Cette réforme masque le manque de moyens, les classes surchargées, la dégradation des conditions de travail et d’étude, d’un vernis pseudo-pédagogique pour imposer une casse généralisée du Collège Unique par l’instauration d’une autonomie accrue des établissements.

Cette autonomie de 20% des établissements (dans le choix des options, dans l’organisation des enseignements et des horaires par cycle) aggravera nécessairement les inégalités de traitement sur le territoire.

Face à cette réforme, les voix des réactionnaires de tous poils se sont élevées pour défendre les langues anciennes (réduites au statut d’option interdisciplinaire dans la réforme) et les classes bilangues non par « amour » des langues anciennes mais bien pour leur caractère élitiste.

Sud Education défend la possibilité pour tou-te-s les élèves de pratiquer les langues anciennes.

La lettre de Marine Le Pen adressée le 13 avril 2015 « aux collèges de France » appel le à aller encore plus loin que la réforme du ministère dans la casse du collège unique, c’est-à-dire dans la casse d’un enseignement unique pour tou-te-s sans distinction de classe.

Les revendications du Front National, c’est-à-dire la défense des « fondamentaux », le rétablissement de « l ’autorité du maître », la « suppression du principe d’ interdisciplinarité au collège et au lycée » visent à maintenir et à renforcer un enseignement inaccessible à tou-te-s et fortement inégalitaire destiné à conduire à l’échec les élèves des classes populaires, en somme à reproduire les inégalités sociales.

C’est ainsi que Marine Le Pen revendique à la fin de sa lettre la suppression du col lège unique et l’instauration d’un collège professionnel.

L’ idée du Front National et de l ’extrême-droite en général est de renforcer la ségrégation sociale en orientant le plus tôt possible les enfants des classes populaires dans des filières professionnel les fortement dévalorisées car conduisant à des métiers situés en bas de la hiérarchie sociale.

Alors que les études montrent la sous-représentation des enfants des classes populaires dans les filières générales au lycée, l’instauration du tri social dès la
sixième aura pour effet d’enterrer l’idée même d’une école pour tou-te-s.

Cette revendication du Front National met au jour leur volonté d’utiliser l ’école pour renforcer et reproduire les hiérarchies de classe et les inégalités qui structurent le monde du travail.

Le Front National veut utiliser la colère des enseignant-e-s contre la réforme du
col lège et contre la dégradation de leurs conditions de travail pour faire passer ses
idées liberticides et discriminatoires.

Nous ne sommes pas dupes, les propositions du Front National et les prises de paroles de tous les réactionnaires contre la réforme
ne disent rien du manque de personnels, des classes surchargées, des conditions de
travai l qui se dégradent et des pressions hiérarchiques au quotidien.

Au contraire, dans cette lettre Marine Le Pen revendique un renforcement de la hiérarchie dans les écoles élémentaires autour de la figure du directeur d’école.

Sud Éducation revendique des moyens humains et financiers à hauteur des besoins et défend l’instauration d’un collège favorisant l’égalité entre les élèves par la mise en place d’un enseignement polytechnique qui permette aux élèves d’explorer tous les
types de savoirs, qu’ils soient manuels, techniques, artistiques ou théoriques.

Sud Éducation appel le tou-te-s les personnels et les parents d’élèves à se mobiliser contre la réforme du collège et contre la vague réactionnaire qui s’empare de la colère des enseignant-e-s pour populariser ses idées discriminantes envers les travail leur-euse-s et son projet de société fortement inégalitaire

L’extrême-droite n’a pas sa place dans nos luttes !

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE LE MARDI 19 MAI

MANIFESTATION À 14H

DE LUXEMBOURG AU MINISTÈRE