Le 9 avril, tous en grève contre l’austérité, pour que ça change enfin

lundi 9 mars 2015
par  SUD Education 92

La loi Macron

Au-delà de l’extension du travail du dimanche, il faut s’intéresser à la philosophie de la loi Macron.

Certes cet exemple est déjà plus que parlant. D’un côté, les patrons refusent d’embaucher et veulent étendre à l’infini les capacités de travail de leurs salariés, de l’autre, minés par le gel des salaires, les conditions de vie de plus en plus difficiles et une pression idéologique énorme, certains travailleurs optent (contraints et forcés en réalité) pour le dimanche.

Quelle est donc la philosophie de cette loi ? Il ne s’agit pas seulement de quelques remises en cause, c’est une machines pour, selon le langage officiel, tenu par Gattaz, le CAC 40, Hollande et Valls : « stimuler les investissements et libérer des contraintes ». La traduction de la doxa est simple : licencier comme on veut, payer les salariés comme on veut (au rabais), en finir avec toute forme de protection sociale. La loi évoque longuement le développement de l’emploi, on comprend vite que ce qu’ils appellent emploi, c’est la précarité. Elle vante aussi, on s’y attendait, le sacro-saint dialogue social qu’il faut traduire par la collaboration de classe : comment des responsables syndicaux discutent avec les patrons et l’Etat à leur service de propositions émanant des patrons, quitte à changer deux ou trois virgules ici ou là. Enfin, évidemment, la loi propose mille et une recettes pour réduire ce qu’ils appellent le « coût du travail ».

Fondamentalement, nous avons là une reprise in extenso de toutes les revendications du MEDEF et un cadre désormais bien installé pour la remise en cause de tous les acquis. Il est essentiel de ne pas laisser faire.

L’austérité

Mais la politique au service des capitalistes du gouvernement, ce n’est pas seulement la loi Macron. Nous avons aussi le pacte de responsabilité qui porte en germe la fin de la branche famille de la Sécurité sociale. L’allongement de la durée de cotisations des retraites, le report de la date de départ sont déjà quasiment réalisés pour les salariés du privé. L’assurance maladie est menacée, les hôpitaux croulent sous les emprunts toxiques et les fermetures de lits. Nos salaires, comme pour tous les fonctionnaires, sont bloqués depuis 2010.

Cette politique n’a pas pour but de combattre le chômage. A des degrés divers, c’est la même politique qu’ont menée tous les gouvernements depuis la fin des années 80. Elle consiste à exonérer en grand les patrons du paiement des cotisations sociales, de leur permettre de voler légalement une part de nos salaires. Depuis 25 ans, le chômage n’a pas reculé, et pourtant, on exonère de plus en plus et on s’attaque de plus en plus au salaire en faisant tout pour qu’il soit baissé.. Pour que leurs dividendes des capitalistes continuent d’augmenter, il faut taper dans les salaires et les cotisations sociales. Hollande et les siens font le job que leur ont confié les actionnaires.

Dans l’éducation nationale

A l’Ecole, l’austérité, outre les salaires bloqués, c’est le nombre de postes largement insuffisants (le PS n’est jamais revenu sur les suppressions de la droite), ce sont les stagiaires utilisés comme variable d’ajustements, mis sur postes pour combler les vacances (pas non plus de retour de la formation), c’est l’Education prioritaire réduite à peau de chagrin, par rapport à ce qu’elle devrait être et ce sont toutes les mesures à caractère idéologiques qui accompagnent l’austérité, comme la loi de refondation de l’école, petite sœur de la loi Fillon, les programmes de l’école maternelle, qui préparent encore plus qu’avant la fin de l’apprentissage de la lecture au profit de celui du déchiffrage, ou encore la territorialisation de l’école, avec, en premier lieu, la réforme des rythmes scolaires.

La réforme des rythmes

L’état des lieux n’a pas besoin d’être décrit en détails, nous le connaissons tous. Les enfants sont crevés, les enseignants aussi, et ils passent plus de temps que jamais sur leur lieu de travail. Les inégalités territoriales sont exacerbées. Les écoles privées, dispensées de l’application de la réforme, font table ouverte. Les conditions de la réussite des élèves sont encore moins réunies qu’avant. L’école est de moins en moins émancipatrice.

Les conséquences sur les collègues qui souhaitent un travail à temps partiel sont catastrophiques. Les remplaçants, toujours aussi peu nombreux peuvent dépasser le temps de travail imposé par les obligations de service.

Enfin, au-delà des conflits d’intérêts constatés ici et là, il est de plus en plus évident que l’enjeu essentiel de cette réforme est de donner l’Ecole aux collectivités locales.

Il est temps de lutter

Bref, depuis trois ans que la "gauche" est au pouvoir, nos conditions de vie et de travail ont empiré comme jamais, et on peut compter sur la droite pour continuer. Ce n’est donc pas des élections que l’on peut attendre une solution à nos problèmes, une amélioration de notre vie de plus en plus difficile, mais de la lutte et seulement de la lutte.

Des directions syndicales n’ont pas été à la hauteur des enjeux, trop intégrées au « dialogue social », trop indulgentes avec les dirigeants actuels de l’Etat. Il semble que des choses changent. A l’initiative de la CGT, FO et Solidaires, rejointes par la FSU, une journée de grève nationale a été décidée le 9 avril.

Cela faisait près de dix ans (le CPE en 2006) que des confédérations n’avait pas appelé à une journée de grève nationale (et non une journée d’action). C’est dire que c’est un événement. Nous savons tous que cette journée ne suffira pas à faire reculer les hommes du patronat installés au gouvernement, qu’il faudra patiemment construire des suites, organiser la grève générale et reconductible, seul moyen de gagner. Mais cette date va à l’inverse de trois ans de sommeil organisé, de refus de coordonner les nombreuses luttes qui existent tous les jours dans ce pays.

La grève du 9 avril est un événement incontournable qui peut être l’occasion d’une démonstration de force, pas seulement contre la loi Macron, mais contre toute le politique menée depuis trois ans, contre l’austérité. Levons-nous en masse, faisons de nos ruisseaux des rivières et un immense fleuve qui emportera l’austérité sur son passage.

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