La précarité dans l’éducation

vendredi 20 juin 2014
par  SUD Education 92

Le nombre de précaires ne cesse d’augmenter dans l’Education nationale (actuellement plus de 170 000) et le nombre de contrats se démultiplie : des CUI aux contractuels administratifs et enseignant-e-s, en passant par les AED, ADS, AP, EAP .

Loin de résorber la précarité, le gouvernement actuel continue dans cette voie, notamment avec la mise en place de ce nouveau statut d’Emploi Avenir Professeur et le maintien du niveau de recrutement des enseignant-e-s à bac +5.

Devant la pénurie d’enseignant-e-s, le gouvernement propose un concours supplémentaire dont les admissibles pourront signer un contrat de droit public avec les IA et les rectorats et être rémunérés 700 euros net mensuel. Ces contractuels sont affectés sur des blocs de 5 à 7 heures dans le secondaire voire plus s’ils ont déjà un MASTER ou une expérience d’enseignement. Ce dispositif place encore les collègues en situation d’enseignement sans formation préalable.

Quant aux étudiant-e-s en contrat « Emploi d’Avenir Professeur », payé entre 617 et 1086 euros, ils sont recrutés pour un an renouvelable trois fois dans un établissement fixe pour une durée de base de douze heures hebdomadaires. Il s’agit de contrats de droit privé, drôle de façon d’accueillir de futurs collègues dans le service public.

Flexibilité et précarité vont de pair puisque l’affectation peut être modifiée tous les ans. Contrairement à ce que nous demandions la limite d’âge restant fixée à 25 ans, quel avenir en cas de redoublement ou d’échecs aux concours ?

Au niveau national, plus de 30 000 nouveaux Contrats Uniques d’Insertion ont été recrutés en 2013, pour pourvoir prioritairement des postes d’AVS, portant à plus de 69000 ces contrats précaires à temps partiels (20h hebdomadaires).

Malgré le groupe de travail interministériel sur la « professionnalisation des AVS », qui accompagnent les élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire, nous sommes bien loin d’un métier et de conditions de travail décentes.

Le CDI promis aux AVS qui arrivent au terme de leurs reconductions (6 ans) ne changera pas leur salaire scandaleusement faible (600-700 euros), puisqu’il portera sur la même quotité de temps de travail. Au final, à peine la moitié des accompagnant-e-s sera concernée par la CDIsation.

Que d’inégalités de statuts pour un même travail !

La précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas en reste. Les universités et laboratoires emploient en effet 80 000 précaires qui forment parfois plus de 30 % des effectifs d’une université. Cela rentre dans le cadre de la réduction des dotations budgétaires gouvernementales qui poussent à la recherche de rentabilité. De plus, ils fournissent des chercheurs et chercheuses corvéables à merci qui espèrent avoir un jour un poste de titulaire.

Ces nouveaux recrutements représentent une organisation de la baisse programmée et artificielle des taux de chômage et marquent la poursuite de la précarisation des personnels.

Sud éducation revendique au contraire des moyens supplémentaires pour l’aide aux élèves dans l’ensemble de leurs activités, la création d’emplois statutaires et la titularisation de tous les précaires sans conditions de concours ni de nationalité, assorti d’une formation digne de ce nom. Plus que jamais mobilisons nous pour une autre école, pour une autre société, solidaire, égalitaire et démocratique pour toutes et tous.