Masterisation des concours : Eté meurtrier pour la formation initiale à l’IUFM !

vendredi 28 août 2009
par  SUD Education 92

C’est bien connu, l’été est la période des coups tordus de la part du gouvernement. Luc Chatel et Valérie Pécresse en donnent une illustration parfaite, en faisant publier le 28 juillet au Journal officiel tous les décrets sur la masterisation des concours enseignants. Il faut revenir sur ces textes à la teneur très explicite pour comprendre cette nouvelle offensive estivale contre la formation initiale des enseignants. L’article 4-2 résume à lui tout seul l’esprit du décret : les mots « le début de la formation » sont remplacés par « la rentrée scolaire » !!! Tout est dit, au lieu de commencer leur formation, l’apprentissage d’un métier, reconnu comme difficile, les futurs enseignants commenceront par…enseigner ! Sans avoir appris à le faire ! Plus précis, l’article 4-1 dit que « les professeurs stagiaires accomplissent un stage d’un an. Au cours de leur stage, les professeurs stagiaires bénéficient d’une formation dispensée, (…),sous la forme d’actions organisées à l’université et d’un accompagnement. » De fait, les futurs lauréats du concours auront « juridiquement » le même statut de fonctionnaire stagiaire. Mais ils seront, dès leur réussite au concours, « balancés » sur le terrain.

Et la formation ?

Darcos l’avait évoqué dans des termes très clairs : les enseignants stagiaires auront le droit pour « un tiers de l’obligation de service » à de la « formation continue renforcée » « sous la forme d’un tutorat et d’une formation universitaire ». Les mots ont leur importance puisqu’on remplace la « formation professionnelle initiale » par de la « formation continue ». L’IUFM est remplacé par l’université. Le temps d’enseignement disciplinaire et professionnel est réduit de 7 à 3 mois. Le stagiaire n’aura plus trois périodes de stage en responsabilité mais une classe à l’année.

Les projets de Darcos-Pécresse-Chatel prévoient de proposer des stages pendant les années de M1 et de M2, pendant la préparation aux concours !!!

Même si l’année de PE2 à l’IUFM suscite de nombreuses critiques, la solution est-elle d’envoyer directement en classe à temps plein des col lègues venant de réussir leur concours ?

Les futurs enseignants et les équipes seront mis dans des situations ingérables, à cause de l’absence de formation. Débuter en classe en pratique accompagnée puis en responsabilité permet aux PE2 de prendre progressivement leurs marques dans des niveaux différents. L’alternance IUFM/ terrain permet un retour sur leur pratique, ce qui participe de la construction d’un savoir-faire professionnel.

Alors pourquoi abandonner ce principe essentiel de la formation initiale ?

Les raisons sont parfaitement étrangères aux besoins professionnels des enseignants débutants. Ces milliers de collègues nommés directement sur poste à plein temps pendant leur année de « stage » permettront au ministère d’économiser 15400 postes (supprimés du budget de l’éducation nationale en 2010) !

D’un côté, avec son « bouclier fiscal », le gouvernement a fait un chèque de remboursement de plus de 360 000 € aux 834 contribuables les plus riches du pays.

De l’autre, il programme la destruction de l’apprentissage du métier d’enseignant, alors qu’il s’agit d’un métier particulièrement complexe, pour faire des économies budgétaires.

Ces choix politiques relèvent de l’indécence, surtout au vu des besoins éducatifs de nos élèves !