Le devoir de réserve n’existe pas !

mercredi 15 janvier 2014
par  SUD Education 92

Régulièrement, lors de conflits avec la hiérarchie, comme en période électorale, nos supérieurs
hiérarchiques font circuler toutes sortes de documents (circulaires,
notes de service...) sur le soit disant « devoir de réserve » ou
« devoir de réserve électoral »...

Rumeur, intimidation, ignorance... ? Qu’en est il vraiment ?

Le devoir de réserve n’existe pas !

L’activité professionnelle des fonctionnaires est régie par le statut général des
fonctionnaires (loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations du
fonctionnaires, loi dite Le Pors). A aucun moment dans cette loi il est fait
référence au « devoir de réserve ».

Le devoir de réserve n’existe pas !!!

On pourra d’ailleurs citer Anicet Le Pors, qui en tant que Ministre de la
Fonction Publique, a conduit l’élaboration et l’esprit de cette loi, et qui explique
que le devoir de réserve été volontairement exclu du statut des
fonctionnaires en 1983, et qu’à contrario il leur accorde la liberté
d’opinion. Le statut des fonctionnaires impose la discrétion
professionnelle, ce qui n’est absolument pas la même chose.

Néanmoins, ce qui existe depuis en matière de devoir de réserve, c’est « une
construction jurisprudentielle extrêmement complexe qui fait dépendre la
nature et l’étendue de l’obligation de réserve de divers critères dont le plus
important est la place du fonctionnaire dans la hiérarchie » (Anicet Le Pors)
qu’on peut résumer ainsi : « plus on a de responsabilités hiérarchiques, plus le
devoir de réserve est grand. Moins on en a, moins on a de devoir de réserve. »

Il précise que « la question est plus politique que juridique et dépend de la
réponse à la question simple : le fonctionnaire est-il un citoyen comme un
autre ? ».

Il ajoute que « Dans les années 1950, Michel Debré donnait sa
définition : ” Le fonctionnaire est un homme de silence, il sert, il travaille et il se
tait “, c’était la conception du fonctionnaire-sujet.

Nous avons choisi en 1983 la
conception du fonctionnaire-citoyen en lui reconnaissant, en raison même de
sa vocation à servir l’intérêt général et de la responsabilité qui lui incombe à ce
titre, la plénitude des droits du citoyen. »

Pour terminer ainsi « C’est cette
conception qui est en cause dans les mesures d’intimidation précédemment
évoquées prises au plus haut niveau de l’Etat, préliminaires d’une vaste
entreprise de démolition du statut général des fonctionnaires... ».
Le devoir de réserve électoral existe encore moins !

Le « devoir de réserve électoral » n’existe pas non plus dans la loi. Il a
cependant été institué dans les faits, pour empêcher qu’un représentant de
l’Etat ne se fasse chahuter en période électorale... Cette notion qui n’existe
donc pas dans les textes, est un usage auquel ne se soumettent que
celles et ceux qui le veulent bien... et essentiellement les fonctionnaires
d’autorité (Préfet, Directeur de services Départementaux, Recteurs,
Inspecteurs d’Académie, etc...).

Sachant qu’en principe cela ne les concerne
normalement que « dans l’exercice de leurs fonctions ».

Sur ce point on rappellera qu’il existe pour les fonctionnaires des autorisations
d’absence pour des fonctions publiques électives en tant que candidat
(circulaire FP n°1918 du 10 février 1998), ou en tant qu’élu local (code général
des collectivités territoriales). Ce qui de fait invalide la thèse du devoir réserve
électoral du fonctionnaire...