A attaque globale, riposte globale !

vendredi 10 juillet 2009
par  SUD Education 92

On attendait un joli mois de mai 09 avec poursuite des manifs et des blocages ! Mais le chantage aux examens a fonctionné encore une fois (on se rappelle 2003 !) en s’appuyant à la fois sur les menaces de retrait de salaires et sur la bonne conscience des enseignants-chercheurs. Le diplôme "gagné dans l’action" n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Le front des universités s’est étiolé face au tandem Darcos-Pécresse bien décidé à passer en force, en obligeant le personnel des facs et les étudiants à jouer la montre pour que les examens se tiennent en juin et que les diplômes soient des produits estampillés conformes. Chaque fac à travers son président, devenu par l’effet de la loi LRU chef d’entreprise-manager choisit ses modalités de validation ; d’où des choix variables selon les universités.

Et pourtant depuis le 2 février, où le mot d’ordre de grève illimitée a été lancée par les personnels des facs et de la recherche avec les étudiants, avec plus de 50% des facs en grève et/ou bloquées, des AG puissantes mais aussi le matraquage et la répression, cette mobilisation demeurera dans les mémoires comme un moment historique pour l’ensemble des personnels universitaires et plus largement de l’éducation. Certes, rien n’a été obtenu et les "concessions" de Pécresse (sur le seul statut des enseignants-chercheurs avec la modulation de leur service qui ne pourrait être mise en œuvre sans l’accord de l’intéressé) ou de Darcos (sur le master enseignement "donné" aux candidats aux concours enseignants) n’en sont pas. De la maternelle à l’université, le slogan "l’école n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise" qui a scandé la colère des personnels de l’éducation, des étudiants et des lycéens s’est heurté à la logique capitaliste de ce gouvernement. Mettre au pas les personnels et les jeunes avec la même froideur que Thatcher lors de la grève des mineurs et démanteler le service public d’éducation avec les suppressions de postes, la privatisation et la mainmise des patrons sur le secteur éducatif, le renforcement de la hiérarchie, la précarité, l’idéologie de l’individualisme et de l’intérêt privé.

Et pourtant, le mouvement universitaire a été exemplaire dans les formes d’organisation qu’il s’est donné : la coordination nationale universitaire autogérée et auto-organisée a engagé des prises de position qui auraient pu mettre… le feu à la plaine ! La jonction avec les personnels hospitaliers a eu lieu ; avec le premier et le second degré, elle ne s’est pas faite à cause des rigidités syndicales notamment de la FSU.

L’heure est aux bilans. Pour nous à Sud-éducation, plus que jamais le catalyseur d’une lutte gagnante c’est l’unité des salariés dans un mouvement fédérateur de la maternelle à l’université pour construire la grève générale interprofessionnelle avec le privé. Mot d’ordre rhétorique pour certains. Pas pour nous : le capitalisme avance globalement et nous attaque secteurs après secteurs. Faisons de même : ce n’est qu’en unissant nos revendications et nos luttes que nous obtiendrons satisfaction.


A attaque globale, riposte globale !